Nana
À travers ses parallèles, Peter Joseph suggère à son public que la naissance virginale de Jésus serait une reprise du mythe d’Attis (fils de Nana).
Là encore, on retrouve cette affirmation dans « The Christ Conspiracy », Zeitgeist en reprend largement l’argumentaire :
The Christ Conspiracy, page 78
Il faut le rappeler ici : aucune source n’est fournie pour étayer ces alléguations fantaisistes, ce qui oblige à revenir à la question de fond.
La naissance de Jésus, telle qu’elle est rapportée dans le Nouveau Testament, est-elle réellement une reprise du récit d’Attis ?
Examinons donc ce que raconte la tradition concernant Nana et Attis :
Peter Joseph semble présenter le récit d’Attis comme un équivalent possible de la naissance de Jésus. Or, la tradition concernant Nana et Attis relève d’un registre mythologique : on y trouve des éléments de “naissance” à partir d’un fruit (amande) ou d’un arbre, et même des épisodes de transformation (par exemple, un amandier issu d’un élément corporel). Ce type de motif n’a pas d’équivalent dans le récit biblique, qui ne décrit pas une genèse “végétale” ou une métamorphose comparable.
Dès lors, il est impossible de parler de “copie” : les deux récits ne reposent ni sur les mêmes images, ni sur la même logique narrative. Les naissances de Jésus et d’Attis ne sont pas analogues : elles relèvent de cadres théologiques et symboliques distincts.
Les naissances de Jésus et d'Attis ne sont pas similaires. Elle sont complétement différentes.
On peut résumer la divergence ainsi : Jésus est Fils de Dieu, tandis qu'Attis est fils d'un amandier.
Enfin, un point important concerne la chronologie des sources : plusieurs récits détaillés autour de Nana et d’Attis nous sont connus par des témoignages et des mises en forme tardifs, postérieurs à l’époque apostolique. Cela réfute l’idée d’un emprunt des auteurs évangéliques à un récit païen déjà formulé sous cette forme.
- Pausanias : Naissance vers 110 / Mort vers 180 [Source]
- Arnobius : Naissance vers 240 / Mort vers 327 [Source]
Dans ces conditions, l’hypothèse d’un parallèle “Attis/Jésus” présenté comme une antériorité païenne dont le christianisme aurait “copié” le récit devient impossible à soutenir. Les éléments invoqués proviennent en effet d’auteurs grecs ou latins tardifs, bien postérieurs aux origines du christianisme.
Plus encore, il est reconnu que le mythe transmis par ces auteurs est déjà une mise en forme — voire une déformation — du fonds originel phrygien, que nous connaissons mal :
À dire vrai, on trouve même une dynamique inverse à celle présentée par Zeitgeist : certains développements du culte et des représentations d’Attis auraient été reformulés au contact du christianisme, et non l’inverse :