Mithra n'a pas 12 disciples

On a vu précédemment que le culte de Mythra est une religion initiatique bricolée à partir de plusieurs sources (perse, grecque, romaine, etc...), quelques années après la vie terrestre de Jésus de Nazareth. Démontrant ainsi, l'impossibilité d'un parallèle repris par les auteurs de l'évangile. Donc il ne serait pas nécessaire de répondre à l'allégation tardive de 12 prétendus disciples de Mithra.

Mais il est intéressant tout de même, de vous montrer l'origine moderne de ce conte de fée. Car il n'existe aucune source historique antique (ni perse, ni indienne, ni romaine), relant un Mithra avec 12 disciples.

La première apparition de cette affirmation semble être celle de l'archéologue et franc-maçon britannique Godfrey Higgins en 1836, où elle n'est pas référencée et apparaît incidemment.



🇫🇷 Traduction « Le nombre des douze apôtres, qui formaient la suite de Jésus pendant sa mission, est celui des signes, et des génies secondaires, les dieux tutélaires des signes zodiacaux que le soleil traverse dans sa révolution annuelle. C'est celle des douze dieux des Romains, dont chacun présidait un mois. Les Grecs, les Égyptiens, les Perses avaient chacun leurs douze dieux, comme les chrétiens de Mithra avaient leurs douze apôtres. Le chef des douze Génies de la révolution annuelle avait la barque et les clefs du temps, de même que le chef des dieux secondaires des Romains ou Janus, d'après lequel saint Pierre, Bar-Jona, avec sa barque et ses clefs, est modelé . »


Aucune note ou référence n'est donnée en bas de page. Il s'agit juste de l'allégation de ce franc-maçon, qui rappelons-le, a été cité 94 fois par la source principale de Zeitgeist. On avait vu ailleurs que le cercle mythiste était notamment composé de francs-maçons et de théosophes, ils sont à l'origine de cette thèse mythiste. On le voit encore ici, puisque les écrits de Godfrey Higgins (en particulier Anacalypsis) ont eu plus tard une influence majeure sur le développement de la théosophie, à travers les publications d'Helena Blavatsky. (Source : Theosophical History vol 1 no 3 July 1985)

Le fait qu'Helena Blavatsky à développé la théosophie à partir de l'oeuvre du franc-maçon Godfrey Higgins est confirmée dans la préface du livre « The Book of Dzyan », aux pages 24 et 25.



🇫🇷 Traduction « En septembre, dans la chambre de Blavasky à New York, à la suite d'une conférence sur "Le canon perdu de la proportion des Egyptiens", le Miracle Club a été voté, avec Olcott comme président. Lors de sa réunion suivante, elle fut nommée Société Théosophique. Selon le récit d'Olcott, le mot "théosophie" a été choisi en feuilletant un dictionnaire. Le mot a peut-être été choisi par Charles Sotheran sur la base du titre "Thosopher" utilisé dans le rite maçonnique de Memphis, auquel il appartenait.

Peu de temps après, Blavatsky a commencé à travailler sérieusement sur son premier livre, Isis Unveiled: A Mester-Key to the Mysteries of Ancient and Modern Science and Theology. Cet ensemble en deux volumes a été largement dérivé dans la forme et le titre de l'œuvre monumentale en deux volumes de religion comparée de Godfrey Higgins intitulée Anacalypsis: An Attemps to Draw aside the Veil of the Saitic Isis; or an Inquiry into the Origin of Langages, Nations and Religions, publiée en 1833 et 1836. Leslie Shepard a écrit:

[Anacalypsis] a un intérêt particulier en tant que première formulation complète des matériaux de la théosophie; c'était clairement un livre source fondamental et une source d'inspiration pour les œuvres majeures de Madame Blavatsky quelque quarante ans après Higgins. Sa dette envers Higgins n'est reconnue que par quelques références errantes sur des points de détail. À l'époque où Madame Blavatsky écrivait ses propres ouvrages encyclopédiques, l'Anacalypsis était effrayante et peu connue. Higgins donne une reconnaissance correcte et généreuse sur tous ses matériaux. Les livres de Madame Blavatsky ont été sévèrement critiqués par l'Encyclopedia Britannica comme "une mosaïque de citations non reconnues".

[...] Le fait est que Anacalypsis est le prototype important du cadre théosophique. Tout au long de son livre, Higgins insiste sur « une doctrine secrète » de la connaissance ésotérique gardée par les prêtres; il est significatif que la phrase elle-même forme le titre du second traité de Madame Blavatsky. Il faut dire qu'elle a apporté à ses écrits un génie et une perspicacité splendides qui lui sont propres, et ses livres ont eu à juste titre une influence considérable. Il est temps, cependant, de donner à Higgins son propre crédit. »


Cette thèse mythiste issue de la franc-maçonnerie a été reprise dans un livre clairement « bricolé » intitulé « Jesus Mysteries » de Freke and Gandy en 2001. Ce livre a été critiqué par des experts, qui ont souligné que Freke et Gandy ne sont pas des érudits, et que leurs arguments au sujet de Jésus sont grossièrement erronés. Ils ont expliqué que lorsque qu'on regarde point par point leurs arguments, ils s'effondrent tous. [Exactement comme pour Zeitgeist]. L'attachement de Freke et Gandy pour le mysticisme et le gnosticme a aussi été pointé du doigt par les spécialistes. Cette vue gnostique s'opposent au christianisme comme étant ancré dans l'histoire. Donc on comprend que l'ouvrage est tendancieux. Même L'agnostique Ehrman, qui est très virulent contre le christianisme, affirme que la plupart des preuves alléguées de Freke et Gandy sont soit fabriquées, soit le résultat d'une mauvaise interprétation grossière, soit une simple affirmation basée sur celles d'autres auteurs plutôt que sur des preuves historiques réelles.

Et c'est cette construction frauduleuse, qui a été publiée par Dorothy Murdock (connue sous le pseudonyme Acharya S) dans son livre « The Christ Conspiracy ». Dorothy Murdock avait été mise au courant que sa source été frauduleuse, mais cela ne l'empêcha pas réitérer ces allégations par la suite. Ainsi, si la vérité n'était pas son orientation, on est en droit de se demander quelles étaient ses réelles motivations ?

Ce que l'on sait en revanche, c'est qu'elle est une des source principales citées par Peter Joseph. L'autre étant « Gerald Massey »

Zeitgeist n'est pas neutre et ne se base pas sur les sources des divers mythologies antiques. Il narre simplement les ouvrages des milieux mythistes modernes qui cherchent sans succès à déconstruire le christianisme.