Le parallèle “Mithra ressuscité / Jésus ressuscité” repose sur une confusion majeure : pour ressusciter, il faut d’abord mourir.
Or, dans le mithraïsme, il n’existe pas de récit antique clair et stable décrivant la mort de Mithra.
L’acte central constamment représenté est la mort du taureau tué par Mithra (tauroctonie), pas la mort de Mithra lui-même.
Donc la question à poser à ceux qui affirment une résurrection de Mithra est simple :
où est la source antique qui raconte la mort de Mithra, puis sa résurrection ?
Sans référence précise (auteur, œuvre, passage), on n’est pas dans l’histoire, mais dans l’affirmation.
Origine de l’affirmation : un texte de Tertullien dénaturé
En pratique, une partie de la littérature “mythiste” s’appuie sur un passage de Tertulien,
mais en lui faisant dire autre chose que ce qu’il dit réellement.
Tertullien (contexte : “contrefaçon” des mystères chrétiens)
Le titre du passage est explicite : « Le diable contrefait les mystères chrétiens ».
Tertullien ne raconte pas “la vie de Mithra” ; il affirme que certains rites païens imitent (ou contrefont) des éléments chrétiens.
C’est dans cette liste d’imitations supposées qu’il mentionne une formule déterminante.
Ce que dit réellement Tertullien : une « image de la résurrection »
La phrase clé est celle-ci : Tertullien écrit que Mithra « offre une image de la résurrection ».
Il ne dit pas : “Mithra est mort et revenu à la vie”. Il parle d’une image, donc d’un registre
symbolique / rituel, pas d’un événement biographique attribué à Mithra.
C’est précisément le type de glissement que certains opèrent : ils effacent le mot “image” et concluent “résurrection de Mithra”.
Or le texte ne le permet pas.
Une initiation symbolique : “mourir” et “renaître” comme rite (pas comme histoire)
Le sens “imagé” est confirmé par la description suivante : le néophyte “meurt” symboliquement et “renaît” à une vie autre.
On parle d’un rite initiatique vécu par l’adepte, pas d’une “mort et résurrection” du dieu Mithra.
Rite initiatique : mort symbolique → renaissance symbolique
Voilà pourquoi le parallèle “Mithra ressuscité comme Jésus” est un abus : on confond un motif initiatique
(mort/renaissance du fidèle au plan symbolique) avec une prétendue résurrection de Mithra au plan narratif.
Appui critique : le mithraïsme n’a pas de “mort et résurrection” de son dieu
Ronald H. Nash : pas de concept “mort & résurrection” de Mithra
Ceux qui cherchent à présenter Mithra comme un prototype du Christ ressuscité ignorent la date tardive de l'expansion du mithraïsme vers l'ouest (cf. M. J. Vermaseren, Mithra, The Secret God, 1963, p. 76).
Tableau : ce que dit le texte vs ce que le mythisme prétend
Ce que les sources permettent
Ce que certains affirment à tort
Une image de la résurrection (langage rituel)
Une initiation : mort symbolique → renaissance symbolique du néophyte
Pas de récit clair : “Mithra meurt puis ressuscite”
“Mithra est mort et ressuscité” (comme Jésus)
“Le christianisme a copié la résurrection sur Mithra”
Conclusion sans source : pas d’auteur antique, pas de passage, pas de récit
Conclusion
Le parallèle “Mithra ressuscité” s’effondre pour une raison élémentaire : il n’existe pas de récit antique attesté de la mort de Mithra
(donc aucune résurrection possible au sens strict). Le passage de Tertullien est souvent détourné : il parle d’une
« image de la résurrection » dans un contexte initiatique et symbolique, pas d’une résurrection du dieu.
Si quelqu’un affirme “Mithra est ressuscité”, la question décisive reste la même :
quelle source antique décrit la mort de Mithra, puis sa résurrection ? Sans cette source, l’argument n’est pas historique — il est construit.