Horus n'a été ni crucifié, ni ressuscité



Zeitgeist balance verbalement à son public qu'Horus a été crucifié entre deux brigands, qu'il a été enseveli pendant trois jours dans un tombeau, et qu'il est ressuscité.

Il est évident que la construction de cette phrase se veut être une charge contre Jésus de Nazareth. Et c'est effectivement chez ses opposants que Peter Joseph est allé puiser cette attaque fantaisiste.



The Christ Conspiracy (1999), page 84

Rien de vraiment nouveau ici : Peter Joseph reprend, sur plusieurs points, des formulations de Dorothy Murdock (Acharya S). Or, comme pour d’autres affirmations du même type, les références à des sources égyptiennes de première main (stèles, papyrus, inscriptions) ne sont pas fournies.

C’est précisément ce qui pose problème : en l’absence d’attestations antiques vérifiables, on ne se trouve pas face au Horus des sources égyptiennes, mais plutôt face à un Horus recomposé par des lectures modernes, issues de courants mythistes, des lumières, ésotériques des XVIIIᵉ–XIXᵉ siècles (on pense, par exemple, à Charles Dupuis, Volney, Albert Pike, Helena Blavatsky, Godfrey Higgins, Gerald Massey, etc.).

Rappelons enfin que le Horus des traditions égyptiennes — qui n’est pas présenté comme crucifié ni ressuscité au sens chrétien — appartient à un corpus évolutif, multiple, parfois contradictoire selon les périodes et les régions. À ce titre, il ne se prête pas à un parallèle avec Jésus, dont le récit est construit sur un cadre théologique et historique très différent.