Dionysos : pas de « d'eau en vin »
Ce point est essentiel : Dionysos est dit dieu de la vigne et du vin, ce qui renvoie à la viticulture (la vigne) et à l’ivresse rituelle, pas à un récit analogue à Cana (Jean 2) où Jésus transforme de l’eau en vin. Autrement dit, le “vin de Dionysos” est d’abord celui de la vigne—et non un “miracle de conversion de l’eau” posé comme parallèle direct.
On trouve la même idée dans des résumés narratifs du mythe : Dionysos parcourt le monde et enseigne la vigne et le vin.
Ainsi, lorsqu’on te cite Zeitgeist (ou des listes modernes de “parallèles”) en affirmant que Dionysos aurait “transformé l’eau en vin”, la réponse méthodologique est simple : exige une source primaire (auteur grec/latin, œuvre, passage). Les cercles mythistes avancent ce motif sans fournir de référence antique explicite correspondant au scénario évangélique (eau → vin à un mariage, comme à Cana). C'est juste de la propagande.
D'où des auteurs récents comme Freke et Gandy puisent-ils leur inspiration pour croire que Jésus et Dionysos sont une seule et même personne ? Le personnage controversé Bruno Bauer (1809-1882) a proposé une série d'œuvres largement contestées il y a près de 200 ans, affirmant que Jésus n'a jamais vécu. Son travail a été repris par Albert Kalthoff (1850-1906), qui a suivi le scepticisme extrême de Bauer à propos du Jésus historique et est allé jusqu'à affirmer que Jésus de Nazareth n'a jamais existé et n'était pas le fondateur du christianisme. Après Bauer et Katlhoff est venu James Frazer, qui a écrit un livre en deux volumes intitulé The Golden Bough: A Study in Magic and Religion dans lequel il a soutenu la théorie du culte généralisé des dieux de la fertilité mourants et croissants dans divers endroits.
Mais, comme indiqué précédemment, l'idée selon lequel Jésus est un mythe a été solidement réfuté dans les cercles historiques et universitaires. Dans son livre La Bible parmi les mythes, le spécialiste John N. Oswalt résume bien cette idée en expliquant que les similitudes entre la Bible et le reste des littératures de l'ancien Proche-Orient sont superficielles, tandis que les différences sont essentielles.