
Dans Zeitgeist, Peter Joseph présente un « baptiseur » d'Horus, « une personnalité nommé Anup ». Formulé ainsi, le nom peut laisser croire à un personnage spécifique, distinct, alors qu’il renvoie en pratique à Anubis (que tout le monde connaît). Car « Anup » est simplement la forme tchèque du nom Anubis, et non le nom d’un “baptiseur” égyptien attesté.
Page wikipédia d'Anubis en tchèque : Anup
Page wikipédia d'Anubis en français : Anubis
Vous voyez, c'est exactement la même page consacrée à Anubis, mais en langues différentes.
Quant à l’expression « Anup le baptiseur », elle apparaît dans des constructions modernes issue encore une fois des cercles mythistes. On la rencontre, par exemple, chez Gerald Massey, et pas dans des sources égyptiennes de première main.
Posez-vous la question : Pourquoi Zeitgeist n'a pas mentionné le vrai nom d'Anubis ?
Pourquoi a-t-il trompé son public en employant l'expression « une personnalité nommé Anup ».
La réponse est évidente. Tout le monde connait Anubis, et sait très bien qu'il n'a jamais baptisé qui que ce soit. Vous ne trouverez jamais dans la mythologie égyptienne, l'histoire d'Anubis qui baptise Horus. Pas plus qu'un « Anup le baptiseur ». C'est simple, Horus n'a jamais été baptisé. Et pour cause, le baptême est un rite qui prend naissance dans le judaïsme. (Wikipédia). Le peuple d'Israël était appelé à revenir vers l'Eternel.
Vous aurez compris qu'Anup le baptiseur est un autre parallèle construit à partir du récit biblique, dans le but de fournir un pseudo prédécesseur à Jean le Baptiste.
Origine d’« Anup »
Peter Joseph n’est pas à l’origine de cette figure présentée comme l’équivalent de Jean le Baptiste. À nouveau le jeune réalisateur narre à son public un ensemble de commentaires issus du même cercle (francs-maçons, théosophes, vous le verrez plus en détail dans la partie dionysos). Aucune sources antiques ne sont données.
Acharya S est une des sources principales dont s'est inspiré Peter Joseph pour « Zeitgeist ». Voici ce que nous lisons dans son livre de 1999, « The Christ Conspiracy », à la page 84 :

Cette autrice pour le moins antichrist nous disait qu'Horus a été baptisé par « Anup le baptiseur », dans une rivière incertaine. Une référence en chiffres romains nous est donné. (ccxciii)
Celle-ci nous conduit à la page 311

Albert Churchward (le frère de James) est un auteur maçonnique cité 45 fois par ce livre. On trouve à la page 127 traitant du parallèle « Anup / Jean le Baptiste », des commentaires de John G Jackson (via la note cdlxxiii), un promoteur de la thèse mythiste, de Gerald Massey, qui écrivit dans le journal théosophe lucifer d'Helana Blavatsky, ainsi que du franc-maçon Higgins Godfrey (cité 119 fois par Acharya S) et de l'occultiste Barbara-G-Walker (citée 184 fois par Acharya S).
Ainsi, Zeitgeist ne propose pas un récit neutre : il relaie surtout la lecture des milieux ésotériques.
Plutarque
Sources égyptiennes
Les sources égyptiennes évoquent la mort d’Osiris, mais sans raconter un “roman” suivi : on a une multitude d’allusions dispersées (textes funéraires, formules, hymnes, inscriptions), et aucune source égyptienne ne donne un récit intégral unique. Celles-ci évitent fréquemment de décrire directement certains aspects comme la mise à mort d’Osiris. »
Ce qui relève le plus des sources (ou de traditions égyptiennes attestées) :
La trame générale (Osiris tué par Seth, Isis qui recherche/répare, Horus et la restauration de l’ordre) correspond à des motifs présents dans des corpus égyptiens (textes funéraires, hymnes, théologies), mais souvent sous forme allusive et rituelle, pas comme une narration “au fil de l’histoire”. (Source)
Des éléments (comme l’idée d’Osiris “démembré” et rassemblé) existent dans la tradition égyptienne, mais la manière de les raconter varie et n’est pas toujours détaillée dans les textes anciens.
Plutarque
Le récit le plus continu et le plus complet du mythe d’Osiris nous est transmis début du IIe siècle de notre ère par Plutarque (De Iside et Osiride). C'est ce récit qui est la version la plus fréquemment reprise dans les écrits populaires modernes.
Il s’agit d’une synthèse tardive, largement interprétée à travers un cadre grec et allégorique.
Source : Penelope.uchicago.edu.
Les sources égyptiennes, elles, sont nombreuses mais dispersées et souvent allusives : elles confirment des motifs, sans fournir un “récit unique” continu comparable à celui de Plutarque.
Source : journals.openedition.org
La part d’interprétation de Plutarque est importante :
Les chercheurs notent que Plutarque ajoute des détails sans parallèles égyptiens (par ex. certains épisodes “à Byblos”, l’usage d’intermédiaires humains, etc.), qui ressemblent davantage à des procédés narratifs grecs.
Sources : ujcontent.uj.ac.za + Handbook-of-egyptian-mythology
Il propose aussi des étymologies ou explications “à la grecque” qui ne tiennent pas toujours selon les connaissances modernes (exemple relevé par des commentateurs).
Source : Harvard.edu
Peter Joseph qui relaie de nombreuses constructions issues des milieux mythistes, prétend avoir pioché celles d'Horus dans le mythe d'osiris. Ce même mythe osirien qui n'a pas cessé d'évolué au fil de son expansion. Or, c'est là que ça devient « amusant ». C'est que la source la plus complète du mythe osirien d'où Peter Joseph prétend piocher son contenu, est elle-même une source qui a subit des ajouts par Plutarque.
Et quand l'a-t-il rédigé ?
Au IIᵉ siècle après J.-C !!!