Entre 1950 et 1960, l'organisation des Témoins de Jéhovah a sorti de ses presses une traduction de la Bible intitulée New World Translation of the Holy Scriptures (Les Saintes Écritures, Traduction du monde nouveau) (TMN).
La version française fut publiée en 1963.
Cette traduction ne donne le nom d’aucun traducteur :

Dans la langue française, plusieurs traductions sont à notre disposition. Les noms des traducteurs ou des comités de traduction ne sont nullement occultés : chacun assume ainsi ses responsabilités. Quiconque le désire peut vérifier la qualification des traducteurs. Il n'en est pas de même pour les traducteurs du Monde Nouveau. Pourquoi leurs noms ne sont-ils pas révélés, même après leur mort ? Comme l'a écrit Pierre Oddon dans son livre : « Les Saintes Écritures, Traduction du monde nouveau. Une falsification », page 19 : « Il n'y a pourtant pas pour eux le danger de s'enorgueillir » ! C'est sans doute parce que l'on veut masquer le manque de qualification des traducteurs, et que, de ce fait, on ne peut les interpeller pour leur demander de justifier leur traduction partisane.

Aussi, très curieusement, elle se base non sur les langues originales de la Bible, mais sur la version anglaise New World Translation of the Holy Scriptures.

À la page 3, nous lisons :

C'est donc une traduction d'une autre traduction !

Les Témoins de Jéhovah considèrent la TMN comme la traduction « la plus fidèle et la plus proche des originaux », tandis que toutes les autres, traduites par la chrétienté, sont « altérées par des traditions religieuses ou par la philosophie de ce monde ».

Pour appuyer ses affirmations concernant la TMN, l'organisation des Témoins de Jéhovah n'hésite pas à rapporter le témoignage de plusieurs « spécialistes » en langues bibliques.

Pourtant, il n'est pas nécessaire d'être érudit dans les langues originales de la Bible pour comprendre que la TMN est une traduction bien tendancieuse, orientée et déformée dans plusieurs domaines. Elle est effectuée dans le seul but d'appuyer la théologie des TDJ dans leurs activités de propagande. Ce n'est pas une traduction objective, neutre et fidèle. L'organisation suit une traduction assez littérale dans les domaines qui ne touchent pas leurs doctrines. Mais les versets touchant leurs doctrines sont traduits pour concorder parfaitement avec leurs enseignements officiels. Cette traduction porte effectivement toutes les caractéristiques et l'esprit de l'organisation des Témoins de Jéhovah.

Par exemple, on trouve le nom de « Jéhovah » partout dans la TMN. Pourtant, dans l'original, on ne le trouve pas comme « Jéhovah » mais comme « YHWH » (Tétragramme). En plus, ils ont ajouté ce nom 237 fois dans le Nouveau Testament à partir de l'Évangile de Matthieu. De fait, le nom de « Jéhovah » ou le Tétragramme ne s'y trouve pas même une seule fois. Aucun des 15 000 manuscrits que nous possédons du Nouveau Testament ne contient ce nom. L'organisation des Témoins de Jéhovah l'insère dans leur TMN dans le but de créer un lien psychologique entre le lecteur et leur organisation.

L'organisation des Témoins de Jéhovah rend aussi le mot croix par poteau du supplice pour l'adapter à sa croyance, selon laquelle Jésus-Christ ne fut pas crucifié sur une croix, symbole païen, mais sur un simple poteau. Le Saint-Esprit est écrit en minuscule, saint-esprit, pour suggérer l'idée qu'il n'est pas une personne divine mais une force impersonnelle, selon l'enseignement de l'organisation. Le mot église est rendu par congrégation. On ne trouve plus les mots enfer et séjour des morts dans la TMN. L'enfer est remplacé par Géhenne et le séjour des morts par Hadès. Ces termes, issus du grec, non traduits en français, ne sont pas faux en soi, mais dénotent l'esprit des TDJ. Ils se démarquent ainsi du christianisme général, en ayant leur propre traduction et leur propre vocabulaire.

La TMN contient aussi plusieurs versets falsifiés afin que ces derniers soient en harmonie avec l'enseignement officiel de l'organisation des Témoins de Jéhovah. Ce sont surtout les versets montrant la pleine divinité de Christ qui sont altérés. La signification et la force de ces textes sont édulcorées et atténuées. Voici quelques exemples :

Jean 1:1 : est traduit selon la théologie de l'organisation des Témoins de Jéhovah comme « la parole était un dieu » au lieu de « la parole était Dieu ». Dans l'original, il n'y a pas « un », et Dieu n'est pas en minuscule.

Jean 8:58 : où Jésus dit « Avant qu'Abraham fût, je suis » est rendu dans la TMN par « avant qu'Abraham vienne à l'existence, j'ai été ».
Pourquoi l'organisation des Témoins de Jéhovah le traduit-elle ainsi ? Il est bien évident que le contexte de l'expression « je suis » nous renvoie à Exode 3:14 et dénote l'existence éternelle de Jésus-Christ et son identification avec Dieu le Père. Mais gênée par cette déclaration, l'organisation des Témoins de Jéhovah déforme le sens original et le traduit par « j'ai été ». Elle essaie ainsi d'éviter l'idée d'un éventuel lien avec Exode 3:14 et laisse entendre qu'il y a eu un temps où Jésus-Christ n'existait pas.

Colossiens 1:15-17 : ces versets montrent dans leur ensemble l'éternité, la prééminence et la supériorité absolue du Christ sur toute la création. Ils sont traduits dans la TMN de manière à ce que Jésus devienne le premier être créé, au moment de la création. Elle ajoute dans ce but cinq fois entre crochets « les autres », qui ne se trouvent pas dans le texte grec. Ainsi, l'organisation des Témoins de Jéhovah glisse intentionnellement ses croyances dans le passage.

Romains 9:5 : l'expression le Christ qui est au-dessus de toutes choses, Dieu béni éternellement est rendue de sorte que ce n'est pas Jésus-Christ qui est Dieu béni éternellement, mais Dieu le Père. Pourtant, le contexte et la syntaxe démontrent qu'il s'agit bien de Jésus-Christ.

Colossiens 2:9 : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. » Pour dénigrer la pleine divinité du Christ, l'organisation des Témoins de Jéhovah traduit ainsi : « Car c'est en lui qu'habite corporellement la plénitude de la qualité divine. » « La divinité » devient dans la TMN « la qualité divine ». Ce qui correspond bien à la théologie russellite, selon laquelle Jésus-Christ n'est pas pleinement Dieu, mais possède seulement certaines qualités divines.

Hébreux 1:8 : Ton trône, ô Dieu, est éternel. Ce verset proclame implicitement la divinité du Christ. Mais l'organisation des Témoins de Jéhovah déforme complètement le sens de ce verset en le rendant ainsi : Dieu est ton trône à tout jamais.

1 Jean 5:20 : le texte et le contexte indiquent que « Jésus-Christ : lui est le vrai Dieu et la vie éternelle ». Mais l'organisation des Témoins de Jéhovah remplace le pronom « lui » ou « celui-ci » par l'expression c'est là, qui est un présentatif bien vague. Ainsi, elle renvoie cette appellation non pas à Jésus mais à Dieu le Père.

On constate encore l'esprit opposé à la divinité du Christ par leur introduction du nom Jéhovah dans le Nouveau Testament. L'organisation des Témoins de Jéhovah essaie de justifier cet ajout en évoquant la raison suivante : lorsque les auteurs citent des paroles contenant le nom divin de l'Ancien Testament, ils doivent nécessairement le garder dans le Nouveau. Mais, curieusement, l'organisation des Témoins de Jéhovah ne suit pas toujours sa propre règle lorsqu'il s'agit des citations contenant le nom divin attribuées à Christ dans le Nouveau Testament. Par exemple, lorsque l'apôtre Pierre cite le Psaume 34:9 « Goûtez et voyez que Jéhovah est bon » et l'applique à Jésus-Christ dans 1 Pierre 2:3, l'organisation des Témoins de Jéhovah omet délibérément Jéhovah et le remplace par le Seigneur. Nous constatons encore que l'apôtre Pierre cite Ésaïe 8:12, là où il est question de la sanctification et de la crainte de Jéhovah, et l'applique clairement à Christ dans 1 Pierre 3:14-15. À nouveau, l'organisation des Témoins de Jéhovah omet Jéhovah et le remplace par Seigneur. Hébreux 1:10 : « C'est toi, ô Seigneur, qui au commencement as posé les fondements de la terre, et les cieux sont les œuvres de tes mains. » Cette citation, qui vient du Psaume 102 (qui contient le nom divin), est attribuée à Christ. Pourtant, encore une fois, l'organisation des Témoins de Jéhovah préfère ne pas suivre sa propre règle et le traduit par Seigneur au lieu de Jéhovah, car pour elle, Jésus-Christ ne peut pas porter le nom de Jéhovah.

L'organisation des Témoins de Jéhovah, pour justifier l'ajout du nom divin, évoque différentes suppositions et théories. Elle trouve déraisonnable que ce nom soit ignoré dans le Nouveau Testament, du fait qu'il est utilisé dans l'Ancien près de 7000 fois. Jésus et ses disciples doivent nécessairement l'utiliser lorsqu'ils citent le texte hébreu. Leur raisonnement paraît logique, mais ne correspond pas à la réalité des documents que nous possédons. Ni dans les manuscrits grecs ni dans les écrits des premiers chrétiens, nous ne rencontrons pas une seule fois le nom divin lorsqu'ils citent le texte hébreu. De plus, soulignons que 125 utilisations sur 237 du nom de Jéhovah, dans la TMN, ne proviennent pas des citations de l'Ancien Testament. Elle les introduit là où elle veut, surtout pour éviter l'identification du Christ avec son Père et dénigrer sa divinité. Tous les traducteurs du Nouveau Testament utilisent Kurios (seigneur) à la place du nom divin, selon la coutume en vigueur de l'époque. Plus encore : nous ne trouvons pas le nom divin dans les écrits des Pères de l’Église lorsqu'ils citent l'Ancien Testament où apparaît ce nom. L'organisation des Témoins de Jéhovah est tellement attachée à l'utilisation de ce nom, et gênée du fait que le nom divin ne se trouve pas dans le Nouveau Testament, qu'elle va jusqu'à prétendre que les premiers copistes ont altéré le texte grec, en enlevant Jéhovah pour le remplacer par Seigneur :

C'est une affirmation très grave, qui remet en question toute l'autorité et la fiabilité du Nouveau Testament. Quelle hérésie, quelle attitude irrespectueuse de la part d'une organisation qui prône un attachement exclusif à la Bible, tout en avançant de telles affirmations ! L'organisation des Témoins de Jéhovah ose s'attaquer à la fiabilité de la Parole de Dieu dans le seul but d'étayer et de justifier ses propres idées préconçues. Mais selon les données bibliques et historiques, il est certain qu'une telle altération n'est ni possible ni acceptable. Est-ce réalisable et logique qu'on réunisse tous les manuscrits existants, diffusés dans le monde entier, pour ensuite supprimer le nom divin en le remplaçant par « le Seigneur » ?
Est-ce possible que 15 000 manuscrits, dont plus de 5 000 en grec, soient tous altérés ? Est-il raisonnable de penser que Dieu, qui veille sur sa Parole, permette une telle falsification ? Pourquoi Dieu n'a-t-il pas permis qu'un seul manuscrit grec contenant son nom subsiste ?
Il existe encore une autre question vitale : s'il y a eu une falsification sur ce point important, comment pouvons-nous être certains qu'il n'y a pas eu d'autres altérations, sur d'autres points capitaux de la foi chrétienne ? De plus, ces premiers copistes auraient-ils altéré aussi des milliers de documents existants, écrits par les premiers chrétiens ?
NON ! Cela reflète la mentalité et l'esprit sectaire de l'organisation des Témoins de Jéhovah, qui ne se conforme pas à la Bible, mais tente de l'adapter à ses propres vues.

L'organisation des Témoins de Jéhovah falsifie également d'autres textes qui vont à l'encontre de leurs enseignements officiels. Par exemple, comme ils ne croient pas à la survie de l'âme, ils traduisent Luc 23:43 de la manière suivante : « Vraiment je te le dis aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis » au lieu de le traduire : « En vérité je te le dis : aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis ». Comme ils ne croient pas à l'existence de l'esprit de l'homme indépendamment de son corps, ils traduisent Hébreux 12:23 comme « des vies spirituelles des justes qui ont été rendus parfaits » au lieu de le traduire : « des esprits des justes parvenus à la perfection ». Comme ils ne croient pas que les saints de l'Ancien Testament hériteront la vie céleste, ils traduisent Hébreux 11:16 : « Mais maintenant ils aspirent à un (lieu) meilleur, c'est-à-dire un (lieu) appartenant au ciel. » Pourtant la traduction exacte devrait être : « Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c'est-à-dire une céleste. » Comme ils ne croient pas non plus au châtiment éternel des pécheurs, l'organisation des Témoins de Jéhovah remplace châtiment éternel de Matthieu 25:46 par retranchement éternel, qui suggère l'idée d'une suppression de l'être.

Bien sûr, l'organisation des Témoins de Jéhovah essaiera de se justifier en disant qu'une telle expression est aussi traduite dans d'autres traductions à la façon de la TMN. C'est bien possible, mais aucune traduction ne contient autant de déformations que la TMN. Ceci reflète parfaitement la vision et l'enseignement de l'organisation des Témoins de Jéhovah. La déclaration suivante de l'organisation des Témoins de Jéhovah révèle une fois de plus le mobile de la TMN :

Donc, la TMN est une traduction qui harmonise ou arrange la Bible avec les vérités sacrées que Jéhovah a révélées à son peuple, à savoir les Témoins de Jéhovah ! En conclusion, ce que nous avons vu devrait être suffisant pour conclure avec le professeur A.A. Hoekema que :

Il est évident que ces altérations et cette harmonisation ne sont pas une attitude digne du peuple de Dieu, mais reflètent l'esprit sectaire de l'organisation des Témoins de Jéhovah.

Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n'avons point une conduite astucieuse, et nous n'altérons point la parole de Dieu

2 Corinthiens 4:2, 2 Corinthiens 2:17

C'est ce qu'il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine

2 Pierre 3:16, Apocalypse 22:18