Une caractéristique bien connue des Témoins de Jéhovah est le refus de la transfusion sanguine. Depuis 1944, en s'appuyant sur Genèse 9:3-6, Lévitique 17:10-11 et Actes 15:22-29, la Société des Témoins de Jéhovah (SDTJ) interdit à ses adeptes toute consommation de sang, et surtout la transfusion sanguine. Elle interdit aussi l'autotransfusion, c'est-à-dire se faire transfuser avec son propre sang. Bien sûr, cela pose un grand problème sociologique, médical et religieux. D'autant plus que, dans la plupart des cas, le refus de la transfusion sanguine débouche sur un décès.
Les Témoins de Jéhovah, remplis d'un sentiment héroïque pour Dieu et pour le principe biblique, refusent la transfusion sanguine, même s'il en résulte des conséquences graves pour eux et pour leurs proches. Accepter la transfusion sanguine signifie, selon eux, une violation directe de la loi divine et, par conséquent, la perte de la vie éternelle (voir Qu'enseigne réellement la Bible ?, p. 130). Ceux qui acceptent une transfusion sanguine sont coupés de la communion fraternelle avec les Témoins de Jéhovah et traités comme apostats. Chaque Témoin possède également une carte spéciale attestant qu'il ne veut pas de transfusion sanguine en cas d'accident ou lors d'une opération, tout en signalant qu'il accepte certains produits de substitution.

Ils refusent la transfusion sanguine pour eux, mais aussi pour leurs bébés ou leurs enfants qui se retrouvent en danger de mort. Malheureusement, des milliers sont décédés à cause de ce refus. La SDTJ va encore plus loin : elle présente ces victimes comme des héros de la foi ! Sur la première page de la revue Réveillez-vous ! du 22 mai 1994, la SDTJ publie les photos de 26 enfants morts à cause du refus de la transfusion sanguine. Le titre est : « Des jeunes qui accordent la priorité à Dieu ».

Réveillez-vous ! du 22 mai 1994 (couverture)
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Ces enfants innocents devraient-ils vraiment être victimes de cette conception de la SDTJ ?
Des milliers de personnes devraient-elles se sacrifier pour cela ?
Cette croyance et cette attitude des Témoins de Jéhovah sont-elles fondées bibliquement ?
La Bible interdit-elle vraiment la transfusion sanguine ?
Étudions le sujet de plus près.

La SDTJ et la médecine

Pour mieux situer notre sujet, il sera utile de passer en revue l'attitude de la SDTJ face à la pratique médicale depuis sa fondation. Les premières publications de la SDTJ présentent des idées bizarres autant qu'erronées concernant la médecine. Par exemple, dans le Golden Age (l'ancien nom du journal Réveillez-vous !), on trouve ces affirmations :

  • L'origine de la pratique médicale est diabolique (Golden Age, 05/08/1931, p. 727).
  • L'aspirine cause des maladies du cœur (Golden Age, 26/09/1934, p. 807).
  • Ce ne sont pas les microbes qui causent les maladies, mais les maladies qui produisent les microbes !

La SDTJ a combattu vainement les idées de J.-L. Pasteur, le grand savant français. Le seul remède contre le cancer serait de manger du raisin le matin, à midi et le soir. Pour la guérison des organes malades, la SDTJ préconisait de ne plus utiliser d'ustensiles fabriqués en aluminium. Elle demandait de dormir en se penchant à droite ou sur le dos, pour pouvoir profiter aussi des courants magnétiques de la Terre, en dressant la tête vers le nord. La SDTJ indiquait qu'il ne fallait pas prendre de sérum, car il salissait le sang et créait chez l'homme le sentiment de tuer. Étrangement, pour la SDTJ, il ne fallait pas chiquer (Golden Age, 12/11/1929, p. 107 ; Consolation, décembre 1937, p. 12) !
Pour diagnostiquer et guérir différentes maladies, la SDTJ préconisait des méthodes occultes telles que la radiesthésie médicale, la radiométrie, le Bloc-Solaire, la thérapie de zone, l'iridologie, le lavage du sang biologique, la radio destructrice de maladies, et aussi la radio électronique, un appareil inventé par un Témoin de Jéhovah.

Nous trouvons cette déclaration étrange dans l'Âge d'or daté du 5 août 1931, à la page 727 :

Les vaccinations

La SDTJ, en s'appuyant sur Genèse 9:1-4, refusait à une époque toutes sortes de vaccinations et de transplantations d'organes. La SDTJ affirmait qu'accepter la vaccination revenait à violer l'alliance éternelle de Dieu conclue en Genèse 9 (The Golden Age, 04/02/1931, page 293). Pour la SDTJ, cette pratique, loin de sauver la vie humaine, causait la propagation de plusieurs maladies. Par la vaccination se répandaient « l'immoralité sexuelle » ainsi que « l'occultisme ». Il est difficile d'évaluer toutes les conséquences désastreuses de ces idées sur ses milliers d'adeptes. À cause de cela, beaucoup ont souffert inutilement, et d'autres ont perdu la vie. Après avoir changé plusieurs fois de position sur le sujet, finalement, au début des années 50, la SDTJ a abandonné ces thèses en laissant chacun décider selon sa conscience :

La transplantation d'organes

À l'instar de la vaccination, la transplantation d'organes était aussi refusée selon Genèse 9:2-4. La SDTJ déclarait dans La Tour de Garde datée du 15 août 1968, à la page 509, que la transplantation d'organes était une sorte de cannibalisme ou une « transfusion de chair » et, de ce fait, une pratique directement interdite par Jéhovah. Mais en 1980, elle abandonnait aussi cette position en déclarant que la Bible « ne renferme aucun commandement précis condamnant la greffe d'autres tissus humains... il s'agit là d'une affaire personnelle » (TG, 16/06/1980, p. 31).
Donc, depuis 1980, la transplantation d'organes est devenue une question de conscience. Pourtant, 12 ans plus tôt, cela était présenté comme un décret de Jéhovah ! Alors, on peut poser la question suivante :

Le refus de la transfusion sanguine n'est-il pas aussi une erreur d'interprétation grotesque ?
Examinons le sujet de près.

La transfusion sanguine

Les Témoins de Jéhovah sont convaincus de suivre et de respecter la loi divine lorsqu'ils refusent la transfusion sanguine. Pourtant, il s'agit là d'une mauvaise interprétation des textes bibliques. Après le déluge, Dieu interdit à Noé la consommation de sang. Pour mieux comprendre et appliquer cette interdiction dans notre vie, nous avons besoin d'analyser le contexte, de connaître le but et le pourquoi de cette interdiction. Dieu promulgue cette interdiction après le déluge, lorsqu'il permet à l'humanité, pour la première fois, de manger la viande des animaux, après les avoir tués :

« Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l'herbe verte. Seulement, vous ne mangerez point de chair avec son âme, avec son sang. »

Genèse 9:3-4

Rappelons que, jusqu'au déluge, il est permis de manger uniquement des fruits et des légumes venant des arbres de la terre. Il n'est pas permis de manger de la viande (voir Gn 1:29). Après le déluge, Dieu permet à l'homme de manger la viande des animaux, mais avec une seule restriction : ne pas manger la chair avec son sang, qui signifie sa vie (voir Gn 9:3-4). Pourquoi une telle restriction ? Cela nuit-il à la santé ou suscite-t-il des maladies ? Certes non ! La Bible nous donne deux raisons essentielles à cette interdiction :

1) La reconnaissance et le respect de la souveraineté de Dieu sur la vie et sur la mort

C'est Dieu seul qui donne et reprend la vie. Il est le seul souverain sur la vie des humains, des animaux et de toutes autres sortes de vie. Lorsque Dieu permet à l'homme de tuer les animaux en vue de se nourrir, il interdit de manger la chair avec son sang comme un signe témoignant de la souveraineté de Dieu sur la vie. En effet, l'homme peut tuer l'animal et prendre sa chair comme nourriture, mais son sang, qui représente la vie, doit être présenté à Dieu en le versant sur la terre : manière de reconnaissance visible de la souveraineté de Dieu.
Tuer et manger la chair avec son sang signifierait un irrespect envers la vie et une contestation du droit de Dieu sur la vie et sur la mort. C'est aussi l'élévation de l'homme comme souverain sur la vie, à la place de Dieu. Selon l'alliance conclue avec Noé, l'homme doit montrer son respect envers la vie animale, en ne mangeant pas la chair avec le sang. Dans sa relation avec les êtres humains, l'homme doit montrer son respect envers la vie en ne tuant pas ses semblables, donc en ne versant pas le sang humain. Soulignons le fait que le sang en lui-même n'est pas sacré ; mais il le devient quand il symbolise la vie :

« Je redemanderai le sang de votre vie, je le redemanderai à tout animal. Et je redemanderai la vie de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère. Si quelqu'un verse le sang de l'homme, son sang sera versé par l'homme. »

Genèse 9:5-6 (SGD-21)

2) Donner à César ce qui lui revient et donner à Dieu ce qui lui revient

Dieu interdit également la consommation du sang des animaux à cause de son aspect sacrificiel. Quand une bête est offerte sur l'autel comme expiation pour les péchés, les sacrificateurs peuvent garder la chair des animaux immolés comme nourriture, mais le sang est destiné à Dieu : il ne peut pas être consommé. À ce propos, Dieu déclare ceci :

« Si un homme de la maison d'Israël ou des étrangers qui séjournent au milieu d'eux mange du sang d'une espèce quelconque, je tournerai ma face contre celui qui mange le sang, et je le retrancherai du milieu de son peuple. Car l'âme de la chair est dans le sang. Je vous l'ai donné sur l'autel, afin qu'il servît d'expiation pour vos âmes, car c'est par l'âme que le sang fait l'expiation. C'est pourquoi j'ai dit aux enfants d'Israël : Personne d'entre vous ne mangera du sang, et l'étranger qui séjourne au milieu de vous ne mangera pas du sang. »

Lévitique 17:10-12

C'est principalement pour ces deux raisons que Dieu, dans l'Ancien Testament, interdit la consommation du sang des animaux comme nourriture : la reconnaissance de la souveraineté de Dieu sur la vie et l'aspect sacrificiel du sang pour le pardon du péché.
Notez que cette interdiction concerne toujours le sang des animaux immolés, et jamais le sang des humains vivants. L'interdiction de consommer du sang est toujours liée à l'acte de tuer l'animal, soit pour l'offrir en sacrifice à Dieu, soit pour se nourrir.

Par conséquent, si l'on applique ces deux raisons à la transfusion sanguine, on constate qu'il n'y a aucun rapport entre elles. On ne peut pas appliquer cette interdiction à la transfusion sanguine humaine, car il n'est jamais question de tuer un homme en vue d'un sacrifice, ni de manger sa chair comme nourriture ! La transfusion sanguine n'a rien à voir avec tout cela. La pratiquer ne signifie donc absolument pas une violation de la loi divine. Elle n'est pas une atteinte ou une attitude irrespectueuse envers la loi divine, étant donné que le but poursuivi est de sauver une personne en danger de mort. On commet plutôt un acte de déshonneur lorsqu'un être humain tue un autre en versant son sang, ou en le laissant mourir sans lui venir en aide. La transfusion sanguine est un acte médical fondé sur le principe de sauver une vie.

Rappelons également qu'aux temps bibliques la transfusion sanguine n'était pas connue : elle n'existait pas. Donc affirmer que la transfusion sanguine est interdite dans la Bible n'est qu'une mauvaise interprétation. Les Juifs religieux de notre temps aussi, attachés à l'Ancien Testament, n'interprètent jamais cette interdiction comme visant la transfusion sanguine. De plus, la recherche médicale montre que, durant une grossesse normale, presque tous les composants du sang traversent la membrane du placenta et que, dans une grossesse monochorionique (vrais jumeaux), des fœtus peuvent se transfuser naturellement du sang. Si Dieu interdisait vraiment la transfusion sanguine, comment se fait-il qu'il mette une telle loi dans la nature ? Dieu violerait-il sa propre loi ? Par conséquent, il n'y a aucune raison biblique et médicale s'opposant à la transfusion sanguine.

La transfusion sanguine signifie-t-elle une consommation de sang ?

Il est important de faire une distinction entre la transfusion sanguine et la consommation du sang comme nourriture. La SDTJ fait depuis de longues années un amalgame en déclarant :

Mais il est établi médicalement que la transfusion sanguine ne signifie absolument pas la consommation de sang, mais une sorte de greffe ou un transfert de tissu liquide. Tout ce qu'on mange est digéré par le corps puis rejeté. Mais le sang transfusé n'est ni digéré ni rejeté par le corps. Un médecin ne prescrira jamais une transfusion sanguine à quelqu'un qui souffre de malnutrition. La transfusion vise à remplacer, par exemple, des globules rouges indispensables chez un patient qui en a perdu.

Depuis plusieurs années, la SDTJ est consciente de cette réalité et commence à changer son langage. Elle affirme désormais qu'il est incorrect de soutenir la vie humaine par l'usage du sang. Mais dans la Bible, aucune interdiction n'est énoncée en ces termes. L'alimentation est une chose, soutenir la vie en est une autre. L'interdiction biblique du sang est toujours, du point de vue alimentaire, énoncée dans le contexte des animaux. Ce jeu de mots démontre une fois de plus la malhonnêteté de l'organisation et porte atteinte à la Parole de Dieu, en allant « au-delà de ce qui est écrit » (1 Co 4:6). (Source : www.ajwrb.org)

L'interdiction de consommer du sang des animaux est-elle toujours en vigueur de nos jours ?

À ce propos, il faut souligner aussi que, dans le système du Nouveau Testament, les chrétiens ne sont plus tenus d'observer les lois données dans l'Ancien Testament, car c'était « l'ombre des choses à venir ». Elles sont devenues « réalité » en Christ, comme l'apôtre Paul l'enseigne :

« Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d'une fête, d'une nouvelle lune, ou des sabbats : c'était l'ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. »

Colossiens 2:16-17

Mais les Témoins de Jéhovah avancent Actes 15:22-29 et 21:25 pour prouver la continuation de cette interdiction dans le Nouveau Testament. Lorsqu'on étudie le contexte, il ne s'agit pas d'un renouvellement général de cette interdiction. Le sujet traité par les apôtres dans Actes 15 n'est pas la transfusion sanguine (qui n'existe pas à l'époque), mais la Loi et, essentiellement, la circoncision. Au premier verset, quelques chrétiens d'origine juive enseignent aux païens nouvellement convertis qu'ils ne peuvent pas être sauvés s'ils ne se font pas circoncire selon la loi de Moïse. Les apôtres et les anciens, après avoir étudié le sujet, déclarent que les chrétiens d'origine païenne ne sont pas tenus d'observer la loi de Moïse. Mais, afin de ne pas être une occasion de chute pour les Juifs, ils demandent à ces chrétiens d'origine païenne « de ne pas manger de viandes impures, provenant de sacrifices offerts aux idoles, de se garder de l'immoralité, et de ne pas manger de la chair d'animaux étouffés ni de sang », ce à quoi les Juifs religieux sont fortement attachés (v. 20). Le verset suivant en donne la raison : « Car, depuis les temps anciens, des hommes prêchent la loi de Moïse dans chaque ville et on la lit dans les synagogues tous les jours de sabbat » (v. 21).

Donc, cela nous montre que ce n'est pas une règle générale et définitive, à suivre pour tous les temps et par tout le monde. Elle peut être adaptée selon les circonstances. Certaines règles prescrites ici ne sont plus suivies ensuite par les chrétiens. Par exemple, l'apôtre Paul permet de manger la viande sacrifiée aux idoles, pourvu que ce ne soit pas une occasion de chute pour les faibles dans la foi (voir 1 Co 8:1-13 ; 9:19-23 ; 10:23-33 ; Rm 14:1-23). Les chrétiens peuvent aussi « manger de tout ce qui se vend au marché, sans se poser aucune question par motif de conscience » (1 Co 10:25). Pourtant, on sait qu'aux marchés de l'époque, on vendait des viandes sacrifiées aux idoles et des animaux étouffés, considérés par la loi mosaïque comme impurs. Les chrétiens ne vivent plus sous ces règles, mais doivent veiller à ce que leur liberté ne devienne pas une occasion de chute pour les autres. Manger ou ne pas manger (y compris du sang, ou pratiquer une transfusion sanguine) ne joue aucun rôle dans notre salut. La Bible déclare ceci :

« Ne comprenez-vous pas que rien de ce qui du dehors entre dans l'homme ne peut le souiller ? Car cela n'entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, puis s'en va dans les lieux secrets, ce qui purifie tous les aliments. »

Marc 7:18-19

« Ce n'est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu : si nous en mangeons, nous n'avons rien de plus ; si nous n'en mangeons pas, nous n'avons rien de moins. Prenez garde, toutefois, que votre liberté ne devienne une pierre d'achoppement pour les faibles. »

1 Corinthiens 8:8-9

Pas de sacrifices, mais la miséricorde !

Les Témoins de Jéhovah, en interdisant la transfusion, montrent un fanatisme aveuglé. En interprétant de façon erronée des textes bibliques, ils continuent à causer la mort de milliers d'adeptes, y compris des enfants. En les laissant ainsi mourir, ils s'imaginent servir Dieu et faire sa volonté (voir Jn 16:2). La Bible ne favorise absolument pas une telle attitude. La vie humaine est plus importante que toutes les traditions et interprétations des organisations ou des églises. Lorsque les pharisiens ont accusé les disciples du Christ d'avoir arraché des épis pour les manger le jour du sabbat, Jésus-Christ leur a répondu :

« Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des innocents. »

Matthieu 12:7

Il a reproché aux pharisiens qui l'accusaient de violer le jour du sabbat :

« Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? »

Marc 3:4

Jésus-Christ, l'exemple parfait de l'amour, a donné sa vie et son sang pour nous sauver et pour nous donner la vie éternelle. Si Jésus nous a sauvés spirituellement par son sang, n'est-il pas permis — ou n'est-il pas raisonnable — de sauvegarder la vie physique d'une personne par le biais d'une transfusion sanguine ? La déclaration suivante, faite en 1945 par la SDTJ, concernant la transfusion, était juste et logique. Mais malheureusement, par la suite, elle s'est écartée de cette vérité :

Bientôt un changement ?

Cette interdiction sera-t-elle un jour abolie, comme ce fut le cas pour la vaccination et la transplantation d'organes ? Ne sera-t-elle qu'une question de conscience ? On ne peut pas l'affirmer catégoriquement, mais on constate depuis plusieurs années quelques signes préparatoires. Par exemple, dans La Tour de Garde du 15/06/2000, la SDTJ abolit certaines interdictions concernant l'utilisation d'un bon nombre de composants sanguins, jusque-là interdits (WT, 15/09/1961, p. 559, en anglais). Tous les dérivés mineurs extraits des quatre composants majeurs (plasma, plaquettes, globules rouges, globules blancs) sont désormais autorisés ! L'autorisation du facteur 8 aux hémophiles est aussi permise. Ces modifications montrent trois réalités :

: La SDTJ se trompait lorsqu'elle prétendait qu'accepter même quelques fractions de sang signifiait violer la loi éternelle de Dieu.

: Ainsi la SDTJ permet aussi d'introduire dans le corps 97-98 % des composants du sang. Il manque seulement l'eau pour que ce ne soit plus que du sang ! Rappelons qu'une grande partie du sang est constituée d'eau. Alors, une question s'impose : pourquoi la SDTJ permet-elle presque tous les composants du sang séparément, en fractions, mais n'autorise-t-elle pas tous ces composants ensemble ? N'y a-t-il pas une contradiction ? Comme Raymond Franz le dit : on peut goûter la tomate, le concombre, le salami et le fromage séparément, mais on ne peut pas les manger ensemble dans un sandwich ! Une règle bizarre et incompréhensible !

: L'autorisation de ces fractions de sang montre une autre réalité : la SDTJ viole ainsi une loi qu'elle-même a établie : ne jamais introduire de sang dans le corps et « s'abstenir de sang » selon Actes 15:22-29 (voir Qu'enseigne réellement la Bible ?, p. 130).
Alors, un Témoin de Jéhovah qui accepte une de ces fractions de sang, sous quelque forme que ce soit, s'abstient-il vraiment du sang ?
Si cela est un décret immuable et éternel, faut-il le suivre en partie ou en entier ? Le décret apostolique « abstenez-vous de l'idolâtrie » signifie-t-il qu'on peut s'en abstenir en partie ?
Est-il permis un peu d'idolâtrie ou un peu de fornication ?
Bien sûr, c'est un non-sens. Mais la SDTJ se trouve actuellement dans ce non-sens en acceptant des fractions de sang. On constate aussi, dans La Tour de Garde du 15 février 1997, à la page 20, un certain assouplissement de sa position envers l'adepte qui accepte la transfusion sanguine.

Même parmi les Témoins de Jéhovah, certains demandent une réforme concernant l'interdiction de la transfusion sanguine. Ils ont même créé une association (Associated Jehovah's Witnesses for Reform on Blood, www.ajwrb.org) pour montrer au public que cette interdiction n'a aucune base biblique ni médicale. Malgré ces modifications et assouplissements, l'organisation continue à maintenir sa position. Elle continue à tromper le corps médical, les médias et les autorités, comme dans le compromis bulgare, en déclarant qu'elle « laisse à ses membres le libre choix en la matière, s'agissant d'eux-mêmes et de leurs enfants, sans aucun contrôle ou sanction de la part de l'association » (Note d'information n° 148, sur la 276e session de la Commission européenne des Droits de l'homme, Strasbourg, lundi 2 mars – vendredi 13 mars 1998). Pour se conformer à ce double langage, la SDTJ n'exclut plus ceux qui acceptent la transfusion. Mais si une personne choisit la transfusion, elle s'exclut. Elle sera traitée par les Témoins de Jéhovah comme un apostat !

Il existe des risques dans une transfusion, comme dans toute intervention médicale. La SDTJ en parle en exagérant et conseille des substituts à la place du sang. Mais ces dernières années, il a été montré que même ceux-ci peuvent comporter des effets néfastes (par exemple, un risque d'infarctus du myocarde fortement augmenté). En attendant de meilleurs traitements, recourir à la transfusion sanguine ne comporte aucune interdiction biblique. La SDTJ a, en effet, une dette de sang devant Dieu à cause de sa position et de ses interprétations erronées concernant le sang. Elle a ainsi causé la mort de milliers de personnes.

Illustration : amour

De ce fait, si nous comprenons bien, une personne ayant perdu le cinquième de son sang (hypothèse) ne pourrait plus aimer Dieu qu'à la hauteur de 80 % de ses moyens !

D'autre part, si, pour lui sauver la vie, notre prochain a besoin du don de notre sang, nous démontrerions notre amour à son égard en lui opposant un refus catégorique : une fin de non-recevoir, en quelque sorte !

Drôle de manière d'envisager la mise en pratique du second commandement enseigné par celui qui a démontré son amour en se livrant lui-même à la mort, en versant son sang pour ceux qui, pourtant, étaient ses ennemis !

Certains Témoins de Jéhovah ont préféré se laisser mourir, ou laisser mourir leurs enfants, plutôt que d'accepter une quelconque transfusion sanguine. Cette prise de position a entraîné de véritables scandales. Cette attitude peut s'apparenter à un « suicide » ou au délit de « non-assistance à personne en danger ».

Certains membres du corps médical ont fort heureusement outrepassé cette règle absurde. Un chirurgien interrogé à ce sujet disait que, lorsqu'un Témoin de Jéhovah adulte n'acceptait pas une transfusion, il respectait son désir. Mais lorsqu'il s'agissait d'un enfant, il demandait l'avis des parents ; en cas de refus, il prenait lui-même ses responsabilités et pratiquait la transfusion malgré tout.

Que se passe-t-il si un Témoin de Jéhovah se laisse « fléchir » en acceptant une transfusion sanguine ? Trouvera-t-il de la compréhension parmi les responsables de la Société ? Nullement ! Il sera désormais considéré comme un malfaiteur. Il risque d'être « mis à l'épreuve », c'est-à-dire mis sous discipline, ce qui dure en général une année. Si le « transgresseur » ne montre pas sa repentance, n'étant pas d'accord avec l'enseignement de la Société, il risque d'être exclu de la congrégation.

Si, par hasard, un Témoin de Jéhovah avait connu pareille « mésaventure », qu'il se rappelle l'expérience de l'aveugle-né qui fut chassé par les religieux, mais accueilli par Jésus (Jean 9:34-35).