En 1920, malgré la grande déception de 1914, Rutherford, 2ème président de la Société de la Tour de Garde, prophétisa à nouveau la fin du monde et une résurrection terrestre pour l'année 1925. Il publia en 1920 une brochure intitulée : "Des millions d'hommes actuellement vivants ne mourront jamais".

Cette brochure est distribuée à des millions d'exemplaires, à l'échelle mondiale. L'organisation entreprend une campagne de distribution dans les grandes villes, avec d'immenses panneaux publicitaires sur lesquels on peut lire : Des millions d'hommes actuellement vivants ne mourront jamais.

Stand de diffusion - convention mondiale 1922, Cedar Point (IBSA)
millions-stand, world convention 1922, cedar point, IBSA

La brochure traite abondamment du rétablissement du peuple juif dans son pays et avance une nouvelle date pour la fin du monde : 1925.

Voici ce que Rutherford prédit pour cette année-là :

Édition 1920

Édition 1920 (anglais)

Quand on résume ces déclarations, il ressort très clairement ce que la SDTJ prédit pour 1925 :

- La grande tribulation arrive à son apogée
- Le rétablissement de toutes choses commence
- L'Église est enlevée et glorifiée avec le Christ
- Les saints dignitaires de l’Ancien Testament : Abraham, Isaac, Jacob, etc. ressuscitent, reviennent sur terre pour régner en tant que princes
- Le grand Jubilé, le millénium commence
- Le peuple juif obtient la faveur divine, et Jérusalem devient la capitale du nouveau monde
- Le Royaume de Dieu est complètement établi sur la terre, en vue de bénir l'humanité.

Quand on lit attentivement, on constate que ces prédictions pour la date 1925 ne sont pas des probabilités mais des faits présentés comme tout à fait certains et clairs. Notez bien les expressions utilisées par la SDTJ :

"Le grand cycle du jubilé doit commencer en 1925"
"Nous pouvons nous attendre avec confiance à ce que 1925 marque le retour..."
"1925 doit voir la résurrection des fidèles..."
"Et, basés sur les données de la Parole divine, nous devons dire d'une façon positive et irréfutable que des millions de personnes..."

Lorsqu'on examine la Tour de Garde entre 1922 et 1923, on remarque que l'usage répété des termes tels que "incontestable", "sans l'ombre d'un doute", "un fait incontestablement établi", "certitude indubitable", "origine non humaine mais divine", "scellées par l'approbation de Dieu", etc.

Ces mots sont utilisés à propos de la chronologie de la SDTJ, et y compris bien sûr pour l'année 1925. La Tour de Garde du 15 juillet 1922 déclare encore :

Lorsque l'année 1925 approche, les Témoins de Jéhovah du monde entier commencent à s'y préparer. Certains quittent leur travail, leurs occupations habituelles, pour se consacrer davantage à la propagation du message. D'autres distribuent leurs biens aux pauvres ou se préparent à accueillir leurs défunts proches, qui allaient bientôt ressusciter. W.J. Schnell, qui était un Témoin de Jéhovah actif pendant 30 ans, et qui avait rempli des responsabilités importantes au sein de l'Organisation, raconte son témoignage dans son livre Trente ans esclave de la Tour de Garde. Il relate ce qui suit concernant l'attente de 1925 :

Mais vers 1925, la SDTJ commence à utiliser un double langage. Avec sa méthode de manipulation, elle appelle ses adeptes à la prudence. Mais il est trop tard : encore une grande déception et une confusion totale. Aucune prédiction pour l'année 1925 ne se réalisa. La glorification de l'Église, la résurrection des anciens patriarches, l'établissement du Royaume de Dieu, le renouvellement de toutes choses : rien ne se produit. Ainsi, encore une fois, la SDTJ qui se considère comme le porte-parole, le seul canal de communication terrestre de Dieu, se trompe et, encore une fois, il devient évident qu'elle n'est pas "l'esclave fidèle et avisé" utilisé par Dieu, mais qu'elle est un faux prophète.

 

*** L'explication de la SDTJ sur la déception de 1925 ***

La SDTJ, de nouveau, au lieu d'accepter humblement ses erreurs, fait porter la responsabilité de ses fausses prophéties aux adeptes. Elle minimise également la portée de ces fausses prophéties en déclarant :

Question : Les anciens dignitaires sont-ils revenus ?

Réponse : Certainement pas. Nul ne les a vus, et il serait insensé de faire courir un tel bruit. Le livre "Millions" disait que nous pouvions raisonnablement nous attendre à leur retour peu après 1925, mais il ne s'agissait là que d'une opinion (Annuaire des TJ, 1980, p. 60).

Elle déclare encore ceci dans l'Annuaire 1975 :

Dans ses déclarations, la SDTJ ne reconnaît pas ses torts. Elle transfère la responsabilité sur les "frères". Notez bien les expressions "on attendait", "une année bien triste pour beaucoup de frères", "leur espérance était anéantie", "Ils s'attendaient à voir", "ils ont compris que c'était une chose certaine", etc.

La SDTJ continue encore à se justifier de la même façon aujourd'hui dans son récent livre d'histoire Les Témoins de Jéhovah, Prédicateurs du Royaume de Dieu (p. 78). Pourtant, ce ne sont pas ces frères qui ont publié les articles concernant l'attente de 1925, mais la SDTJ. C'est elle qui a enseigné et nourri cette espérance dans leurs esprits. Avec quel esprit d'honnêteté peut-elle ainsi se laver les mains et dire que ce sont les adeptes ou les frères qui se sont trompés ?

Elle affirme aussi que cette date a été avancée seulement comme "une opinion", ou comme "une chose probable". Mais cela est également une claire déformation de la vérité. C'est une malhonnêteté évidente de la part de la SDTJ de citer seulement quelques paroles hors du contexte à propos de leurs écrits pour montrer qu'ils n'étaient pas catégoriques à propos de 1925. Comme nous l'avons mentionné plus haut, 1925 était une date présentée comme certaine, incontestable, et même plus claire que celle de 1914.

 

*** Il en est déjà question dans le livre "La Harpe de Dieu" ***

Édition de 1921 --> "Preuve concluante que des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais."

La version originale comporte également cette affirmation --> "Proof Conclusive that Millions now Living will never Die" (dans le livre et sur la couverture).

Dans l'édition de 1927, cette affirmation existe encore sur la couverture et dans le livre :

Dans l'édition de 1928, suppression de toute mention :