Jésus-Christ est-il l'archange Michel ou Dieu le Fils ?
« Que dit réellement la bible ? »
Les Témoins de Jéhovah enseignent que Jésus-Christ est l’archange Michel, le premier être créé par Dieu. Ainsi, ils refusent sa pleine divinité en l’abaissant au statut d’une créature. Dans deux livres écrits pour les enfants, ils injectent ce qui suit dans l’esprit des plus jeunes :
Jésus-Christ est-il un être créé ?
Jamais la Bible n’enseigne que Jésus-Christ fait partie de la création de Dieu. Il n’est jamais présenté comme une créature, mais comme le Créateur de toutes choses. Il est la Parole incréée et éternelle de Dieu, par qui tout vient à l’existence. L’apôtre Jean déclare qu’avant toute création, il était déjà là avec Dieu (Jean 1:1-3 ; 1 Jean 1:2). L’apôtre Paul déclare que « tout a été créé par lui et pour lui » (Colossiens 1:15-17). Jésus-Christ lui-même a attesté son existence éternelle lorsqu’il a déclaré : « Avant qu’Abraham vienne à l’existence, moi, JE SUIS » (Jean 8:58). Jésus est « le Père éternel » (Ésaïe 9:5). Il « n’a ni commencement de jours ni fin de vie » (Hébreux 7:3). Bien qu’il soit né à Bethléem en tant qu’homme, ses activités remontent « aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Michée 5:1). À l’instar de Dieu le Père, Jésus-Christ est « l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apocalypse 22:13, 20).
La Société des Témoins de Jéhovah (SDTJ) avance essentiellement trois versets pour soutenir la thèse selon laquelle Jésus-Christ serait la première créature de Dieu. Mais lorsqu’on les étudie attentivement, on constate qu’il n’en est rien. Commençons par :
1° : Proverbes 8:22 que certaines versions traduisent de la façon suivante :
L'Eternel m'a créé au commencement de ses voies, avant ses oeuvres les plus anciennes.
Proverbes 8:22
Avant tout, précisons qu’ici, ce n’est pas Jésus-Christ qui parle, mais la sagesse divine personnifiée (v. 1, v. 12). La langue originale désigne cette sagesse au féminin. Et, dans certains écrits des Pères de l’Église, elle est identifiée au Saint-Esprit. Quoi qu’il en soit, même si l’on peut établir un certain parallèle avec Jésus-Christ et le Saint-Esprit, cela ne constitue pas une référence directe ni à la personne du Fils de Dieu ni au Saint-Esprit. C’est un chapitre où un langage imagé est employé afin d’exhorter le lecteur à rechercher la Sagesse divine et à se laisser conduire constamment par elle, en toute circonstance. Il faut souligner aussi que le verbe utilisé ici n’est pas le verbe habituel « créer » (bara), mais « qanah ». Le premier sens de ce verbe est « acquérir », « appartenir », « posséder » ou « avoir ». C’est pourquoi beaucoup de traducteurs modernes le rendent de la façon suivante :
L'Eternel m'a acquise au commencement de ses voies.
Proverbes 8:22 - La Bible, Segond, nouvelle édition de Génève 1979
l'Eternel me possèdait au commencement de son activitité, avant ses oeuvres les plus anciennes.
Proverbes 8:22 - La Bible de Semeur
Proverbes 8:22 signifie que Dieu a entrepris son œuvre de création par la sagesse. Elle n’était pas la première chose créée, mais le point de départ de l’œuvre créatrice de Dieu. Comme nous le lisons, Dieu a utilisé sa sagesse dans tout ce qu’il a fait :
C'est par la sagesse que l'Éternel a fondé la terre, C'est par l'intelligence qu'il a affermi les cieux.
Proverbes 3:19
D'ailleurs, le verset qui suit le verset 22, détruit l'idée d'une création de la sagesse :
L'Eternel m'a créé au commencement de ses voies, avant ses oeuvres les plus anciennes. 23 J'ai été établie depuis l'éternité.
Si elle est « établie depuis l’éternité », comment peut-on parler de la création de la sagesse ? De plus, comme Dieu est éternel, sa sagesse doit l’être aussi. Tout naturellement, Dieu existe depuis toujours avec sa sagesse. Dans ce cas, serait-il logique de parler de la création de la sagesse ? Peut-on imaginer ou concevoir l’existence de Dieu dans l’éternité passée sans l’existence de sa sagesse ?
2° : Apocalypse 3:14
Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et vrai, le commencement de la création de Dieu.
Apocalypse 3:14
La SDTJ pense prouver par cela que Christ est vraiment le commencement, le premier créé de toute la création de Dieu. Mais le mot grec employé ici pour « commencement » est « arkhé », et il peut prendre plusieurs sens selon le contexte. Il signifie « chef », « auteur », « principe », « source » ou « origine ». La SDTJ l’emploie elle-même en Luc 12:58 au sens de « chef ». Ce mot « arkhé » est aussi utilisé pour décrire le Seigneur Dieu, lorsqu’il est proclamé « le commencement (arkhé) et la fin » (Apocalypse 21:6). Peut-on affirmer, en s’appuyant sur ce mot, que Dieu aurait eu un commencement ? Nullement ! De même, lorsque l’on lit « le commencement de la création de Dieu », cela ne signifie pas que Jésus a été créé en premier par Dieu. Comme plusieurs traductions modernes l’expriment, Jésus est celui qui préside à l’œuvre de la création de Dieu. Il est en effet « l’auteur, le chef et le principe de la création de Dieu ». Il est la source, ou le point de départ, par lequel Dieu a créé toutes choses, comme cela est aussi décrit en Jean 1:3.
3° : Colossiens 1:15
Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création.
Colossiens 1:15
Notez bien qu’il n’est pas dit « premier-créé », mais « premier-né ». Le terme « premier-né » exprime l’idée de la prééminence : la première place honorifique, une position élevée. Par exemple, Dieu déclare à propos de David : « Je ferai de lui le premier-né, le plus haut placé des rois de la terre » (Psaumes 89:28 ; voir Exode 4:22-23 ; Jérémie 31:9). La SDTJ confirme également que ce terme renvoie à la position honorifique de David au sein du peuple d’Israël et parmi les nations (Aid to Bible Understanding, 1971, p. 584). Dieu déclare aussi que le peuple d’Israël était son « premier-né ». Évidemment, cela ne signifie pas que David ou le peuple d’Israël auraient été les premiers êtres créés par Dieu : cela indiquait simplement leur place élevée et honorifique. Nous savons d’ailleurs que Jésus est aussi présenté comme la tête de l’Église (voir Éphésiens 5:23). Cette même idée est exprimée par le terme « premier-né » en Romains 8:29 :
Pour qu'il (Jésus-Christ) soit le premier-né d'une multitude de frères.
Romains 8:29
Donc, il est bien clair que l’expression « le premier-né de toute la création » ne signifie pas qu’il est le premier créé, mais qu’il occupe la première place honorifique, la prééminence sur toute la création de Dieu. D’autant plus que tout le chapitre de Colossiens vise à démontrer la prééminence et l’honneur du Christ dans la création : tout a été créé par lui et pour lui (v. 16 ; voir aussi Hébreux 1:2).
Jésus-Christ est-il l'archange Michel ?
Il n’existe aucun indice biblique montrant que Jésus-Christ est l’archange Michel ou qu’il fasse partie du monde des anges. Nous lisons que Dieu n’a jamais dit à l’un de ses anges : « Tu es mon Fils » et « Assieds-toi à ma droite » (Hébreux 1:5, 13). Ce n’est pas non plus à des anges que Dieu a soumis « le monde à venir » (Hébreux 2:5). Or, il a soumis le monde à venir à Jésus-Christ : il l’a appelé « mon Fils » et lui a dit de s’asseoir à sa droite. Cela exclut l’idée que Jésus-Christ appartienne au monde des anges ou à la nature angélique. Il n’est pas non plus l’archange Michel, car celui-ci n’est que « l’un des premiers princes » (Daniel 10:13). Il ne pouvait même pas injurier ni résister au diable (Jude 9). En revanche, Jésus-Christ est « le Fils unique » de Dieu, que tous les anges, y compris l’archange, doivent « adorer » (Hébreux 1:6 ; Colossiens 1:16), et devant qui le diable et les démons tremblent (voir Marc 5:1-10 ; Matthieu 8:28-31).
Dans le premier chapitre de la lettre aux Hébreux, une comparaison est faite entre Jésus et les anges. L’auteur déclare que les anges ne sont que des esprits serviteurs, envoyés pour exercer leur ministère en faveur de ceux qui vont hériter du salut (Hébreux 1:14). Mais, concernant Jésus-Christ, il est dit qu’il est « le rayonnement de la gloire » de Dieu, l’expression même de sa réalité, et qu’il « soutient tout par sa parole » (v. 3) ; que « tous les anges doivent l’adorer » (v. 6) ; qu’il est le « Dieu » dont le trône subsiste pour toujours (v. 8) ; et qu’il « a fondé la terre et les cieux » (v. 10). Il n’existe donc aucune trace ni aucun indice montrant que Jésus soit l’archange Michel, ou qu’il soit de nature angélique. L’apôtre Jean, parlant de la personne de Jésus avant son incarnation, le présente non comme un être créé, ni comme l’archange Michel, mais comme la Parole éternelle qui était avec Dieu, qui était Dieu, et par qui tout a été créé (voir Jean 1:1-3).
Dans la lettre de Jude, lorsque l’archange Michel est mentionné, il n’est jamais identifié à Jésus-Christ. On y voit deux personnes tout à fait différentes : Jésus-Christ y est présenté comme « notre seul Maître et Seigneur » (v. 4), tandis que Michel est seulement un archange qui n’a pas osé porter un jugement injurieux contre le diable (v. 9). Dans le livre de l’Apocalypse aussi, lorsque l’archange Michel est mentionné, il n’est jamais identifié au Christ : il y a une nette distinction entre les deux. Jésus-Christ y est présenté comme « l’Alpha et l’Oméga », « le premier et le dernier », « l’Agneau de Dieu », « celui qui connaît les cœurs », « le Seigneur des seigneurs, le Roi des rois », etc., mais jamais comme étant l’archange Michel. Celui-ci est tout simplement un ange : c’est lui qui combat, avec ses anges, contre le diable et ses démons (voir Apocalypse 12:7). Par conséquent, à la lumière des données bibliques, présenter Jésus-Christ comme un être créé ou comme l’archange Michel revient à dénigrer et à abaisser le Christ. Voici ce qu’un apologiste chrétien écrivait au premier siècle :
Irénée de Lyon, de son côté, déclare (à fin du 2ème siècle ap J.-C.) concernant la préexistence éternelle du Christ :
Comment la Bible atteste-t-elle la pleine divinité de Jésus-Christ
Contrairement à ce que le SDTJ affirme, la Bible enseigne la pleine divinité du Christ. Voici 4 preuves bibliques démontrant sa divinité :
1) : La Bible proclame la divinité de Jésus-Christ en le nommant directement « Dieu ».
Il est « Dieu » devenu homme (Jean 1:1-3, 14). Il est « Seigneur et Dieu » (Jean 20:28), « Dieu béni éternellement sur tout » (Romains 9:5), « Dieu puissant » (Ésaïe 9:5), « Voici votre Dieu ! Voici le Seigneur » (Ésaïe 40:3, 9, 10), « Le véritable Dieu et la vie éternelle » (1 Jean 5:20), et « la plénitude de la divinité habite corporellement en lui » (Colossiens 2:9). Dieu le Père l’appelle « Dieu » lorsqu’il dit : « Ô Dieu, ton trône subsiste pour toujours » (Hébreux 1:8).
Les Témoins de Jéhovah font tout pour affaiblir la force de ces versets. Ils rétorquent : « D’accord, Jésus est Dieu, mais non le Dieu tout-puissant ; il est seulement un dieu. » En rappelant que, dans la Bible, le diable, les anges, et même des humains ont été désignés comme « dieux », ils essaient de rabaisser la divinité de Jésus au niveau de ceux-ci.
En traduisant Jean 1:1 « La Parole était un dieu », ils l’ont adapté à leur propre théologie. Pour justifier cette façon de traduire, ils affirment qu’en grec il n’y a pas d’article défini devant le nom « Dieu » et qu’il faudrait donc traduire par « un dieu ». Mais l’absence de l’article défini ne justifie pas une telle traduction. Car, dans le même chapitre, aux versets 6, 12, 13 et 18, lorsqu’il est question de Dieu le Père, il n’y a pas non plus d’article défini. Cela affaiblit-il la divinité de Dieu le Père ? Le rabaisse-t-il au niveau des anges ? Certes non ! L’absence ou la présence de l’article ne change rien dans ce contexte. Au verset 18, nous lisons : « Personne n’a jamais vu Dieu, mais Dieu le Fils l’a fait connaître ». Il est intéressant de remarquer qu’en grec, devant les deux occurrences du mot « Dieu », utilisées pour le Père et pour le Fils, il n’y a pas d’article. Pourtant, la SDTJ met une majuscule à « Dieu » lorsqu’il s’agit du Père, et traduit par « un dieu » lorsqu’il s’agit du Fils ! Quelle incohérence et quelle hostilité envers la divinité du Fils !
Par contre, lorsque Thomas dit à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20:28), dans le texte original, il y a l’article défini devant « Dieu ». Malgré cela, les TDJ renient la divinité du Christ en affirmant que Thomas s’adressait à Jésus comme à « un dieu » ! Traduire Jean 1:1 ainsi sous-entend, bien sûr, l’existence de plusieurs dieux (polythéisme), petits et grands, à l’image des païens. Cela contredit ce que Dieu déclare dans sa Parole :
Maintenant donc, voyez que c'est moi, oui, moi, et qu'il n'y a pas de dieu avec moi.
Deutéronome 32:39
Il est vrai que, dans certains cas, le diable, les anges et des hommes sont désignés comme « des dieux ». Mais il est évident qu’ils n’en sont pas. S’ils sont appelés ainsi, c’est parce qu’ils présentent certaines ressemblances (limitées) avec Dieu. La divinité de Jésus-Christ n’est pas comparable à celle-ci. Jésus-Christ est Dieu dans le sens absolu du terme : il ne possède pas seulement « certaines » caractéristiques de Dieu, mais « toute la plénitude de la divinité » (Colossiens 2:9). Rabaisser la divinité du Christ à celle du diable, des anges ou des hommes, c’est le dénigrer et l’outrager, en fermant les yeux sur les vérités bibliques. Examinons les trois points complémentaires attestant la pleine divinité du Christ.
2) : La prière, l’adoration, la louange et la gloire, qui appartiennent exclusivement à Dieu, sont aussi adressées à Jésus-Christ.
Cela montre que Jésus n’est pas « un dieu », mais le vrai Dieu, comme son Père. Par exemple, lorsque Étienne est lapidé à cause de sa foi en Christ, nous lisons :
« Il priait en disant : Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis il se mit à genoux et cria : Seigneur, ne leur charge pas ce péché ! » (Actes 7:59-60)
Concernant d’autres prières adressées à Jésus, lire aussi 1 Corinthiens 1:3 et 2 Corinthiens 12:8-10.
Tous les anges, ainsi que les êtres visibles et invisibles, glorifient et adorent Jésus d’une manière tout à fait égale à Dieu :
Je regardai, et j’entendis la voix de beaucoup d’anges autour du trône, des êtres vivants et des vieillards ;
leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers.
Ils disaient d’une voix forte :
L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange.
Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s’y trouve,
je les entendis dire :
À celui qui est assis sur le trône, et à l’Agneau, soient la louange, l’honneur, la gloire et la force, aux siècles des siècles !
Et les quatre êtres vivants disaient : Amen ! Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent.
Apocalypse 5:11-14
Et lorsqu'il introduit de nouveau dans le monde le premier-né, il dit : Que tous les anges de Dieu l'adorent !.
Hébreux 1:6
Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux, et fut enlevé au ciel. Pour eux, après l'avoir adoré, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie.
Luc 24:51-52
Et voici, Jésus vint à leur rencontre, et dit : Je vous salue. Elles s'approchèrent pour saisir ses pieds, et elle se prosternèrent devant lui.
Matthieu 28:9
Mais elle vint se prosterner devant lui, disant : Seigneur, secours-moi !
Matthieu 15:25, 2:2, 11
D’ailleurs, Jésus-Christ a demandé que « tous les hommes honorent le Fils comme ils honorent le Père » (Jean 5:23 ; voir aussi Hébreux 1:6 ; Luc 24:52 ; 2 Pierre 3:18 ; 1 Timothée 1:13). Or, il est évident que lorsque l’on adresse de tels actes d’adoration en dehors de Dieu, on tombe dans l’idolâtrie, c’est-à-dire dans une fausse adoration sévèrement condamnée par la Parole de Dieu (voir Ésaïe 42:8 ; Matthieu 4:10 ; Apocalypse 19:10). Est-il permis, dans la Bible, de prier, d’adorer et de glorifier les anges, ou encore des êtres qui sont qualifiés de « dieux » ?
3) : L’attribution directe à Jésus de noms et de caractéristiques exclusifs à Dieu démontre sa véritable divinité.
Comme son Père, Jésus-Christ porte des noms tels que : « l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apocalypse 22:12-13, 20 ; Ésaïe 44:6 ; Apocalypse 2:8), « le Seigneur des seigneurs, le Roi des rois » (1 Timothée 6:15 ; Apocalypse 19:16), « Dieu puissant » (Ésaïe 9:5 ; 10:21 ; Philippiens 3:21 ; Hébreux 1:3), « le Seigneur de gloire » (Psaume 24:7, 10 ; 1 Corinthiens 2:8), « celui qui ne change pas » (Malachie 3:6 ; Hébreux 13:8), celui qui est « dès le temps jadis » (Hébreux 1:12 ; Michée 5:2), « le Seigneur de tous » (Actes 10:36), « le Sauveur et le rocher » (Ésaïe 43:11 ; 44:8 ; Philippiens 3:20 ; 1 Corinthiens 10:4). Il est omniprésent, c’est-à-dire présent partout à la fois, comme Dieu le Père (Matthieu 18:20 ; 28:20). Il connaît « toutes choses », « les cœurs et les pensées » (Jérémie 17:10 ; Apocalypse 2:23 ; Jean 2:24-25 ; 16:30 ; 21:17). Il pardonne les péchés, comme Dieu seul en a le pouvoir (Marc 2:5-11 ; Actes 7:60). Comme Dieu le Père, il est « tout et en tous » (1 Corinthiens 15:28 ; Colossiens 3:11). « Tout a été créé par lui et pour lui » et « tout subsiste en lui » (Colossiens 1:16-17 ; Romains 11:36). « Sa parole demeure éternellement » comme celle de son Père (Matthieu 24:35).
Jésus-Christ partage avec son Père, d’une manière pleinement égale, toutes les prérogatives divines. Cela manifeste leur unité et leur égalité. Par exemple, « le Royaume de Dieu » est aussi présenté comme « le Royaume du Christ » (Actes 14:22 ; 2 Pierre 1:11). « l’Évangile de Dieu » et « l’Évangile du Christ » (1 Thessaloniciens 2:9 ; Romains 15:19), « la grâce de Dieu » et « la grâce de Jésus-Christ » (Tite 2:11 ; 2 Corinthiens 8:9), « l’amour et la paix de Dieu » et « l’amour et la paix du Christ » (1 Jean 4:9 ; 2 Corinthiens 5:14 ; Apocalypse 1:5), « l’Église de Dieu » et « l’Église du Christ » (1 Corinthiens 1:2 ; Romains 16:16), « le jour de Dieu » et « le jour du Christ » (2 Pierre 3:10 ; Philippiens 1:6), « l’Esprit de Dieu » et « l’Esprit du Christ » (Romains 8:9), « les anges de Dieu » et « les anges du Christ » (Apocalypse 1:1 ; Apocalypse 22:16).
Il est incontestable que ni le diable, ni les anges, ni les hommes ne partagent ces caractéristiques réservées à Dieu seul. Seul Christ les possède avec son Père.
4) : L’identification de Dieu le Père avec son Fils, dans le Nouveau Testament, prouve sa véritable divinité.
Par exemple, la prière du Psaume 102:25-27, adressée à Dieu le Père, est attribuée clairement à Jésus-Christ dans l’épître aux Hébreux 1:10 :
« C'est toi, Seigneur, qui as fondé la terre au commencement, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains. »
La déclaration faite à propos de Dieu le Père dans Ésaïe 8:12-15 est appliquée à Christ en 1 Pierre 2:7 et 3:14. La sanctification, la crainte, l’obstacle et la pierre d’achoppement attribués à Dieu sont, dans le Nouveau Testament, appliqués à Jésus-Christ. L’apôtre Jean présente la vision de Dieu rapportée par le prophète Ésaïe 6:1-13 comme ayant trait au Christ dans l’Évangile de Jean 12:37-41. Pour d’autres exemples d’identification du Père avec le Fils, comparez les passages suivants :
Psaume 24:7-10 avec 1 Corinthiens 2:8 ;
Éphésiens 4:8 avec Psaume 68:19 ;
Zacharie 11:13 avec Matthieu 27:3-10 ;
Ésaïe 54:5 avec Matthieu 9:15 ;
et Matthieu 11:4-5 avec Ésaïe 35:4-6.
D’ailleurs, Jésus lui-même s’identifie à son Père lorsqu’il dit : « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10:30), et « celui qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14:9). Il « se faisait lui-même égal à Dieu » en déclarant, dans un sens bien particulier, « que Dieu était son propre Père » (Jean 5:18-19). C’est pourquoi les pharisiens et les Juifs religieux voulaient le lapider pour blasphème (voir Jean 10:33).
Toutes ces données bibliques témoignent de la parfaite divinité de Jésus-Christ. Il n’est ni l’archange Michel, ni une créature angélique. La SDTJ suit, non l’enseignement de la Bible, mais les thèses de certains mouvements libéraux concernant la personne de Jésus-Christ. Selon la Bible, il est évident que Jésus-Christ est Dieu, le Fils, devenu homme il y a plus de 2000 ans pour le salut de l’humanité. Il est parfaitement homme et parfaitement Dieu, comme un métal porté au feu, qui demeure métal tout en étant embrasé.
Les Témoins de Jéhovah, pour édulcorer la pleine divinité du Christ, citeront comme d’habitude les paroles du Christ : « le Père est plus grand que moi », ou encore le fait qu’il ne connaît pas le jour de son retour. Ils rappelleront ses larmes, sa fatigue, sa tentation, ses prières, et diront qu’il appelle Dieu « son Dieu » (Jean 14:28 ; Marc 13:32). Nous répondons que tout cela concerne la nature humaine du Christ, qu’il a assumée lors de son incarnation. Lorsqu’il a accepté volontairement de devenir homme, il a pris à son compte toutes les conditions liées à cette nature humaine, à l’exception du péché. Ainsi, il a même accepté une position décrite comme « un peu inférieure à celle des anges » (Hébreux 2:9, 17).
De son côté, l'apôtre Paul exprime :
Vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s'est fait pauvre, du riche qu'il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis.
2 Corinthiens 8:9
Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a pas regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et, ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix.
Philippiens 2:1-11
Ériger une théologie sur la personne du Christ en s’appuyant seulement sur sa condition de vie terrestre (esclave, pauvre, humilié) ne peut que nous induire en erreur. Il est primordial d’étudier cela d’une manière globale. Les TDJ avanceront également les versets 1 Corinthiens 11:3 et 15:28 pour insister sur le fait que, même après sa résurrection, Jésus se soumettait à son Père. Donc, selon eux, il n’est pas l’égal de Dieu. Les TDJ ne veulent pas admettre l’idée que la soumission ou l’obéissance ne signifie pas l’infériorité de l’être. Dans 1 Corinthiens 11:3, il est question de l’homme comme « chef de la femme » ; pourtant, il est clair que la femme n’est pas un être inférieur ni d’une nature différente de l’homme. Ils ne font qu’un (voir Mt 19:5-6). Les chrétiens sont appelés à être soumis à leur maître (Tt 2:9), aux dirigeants de l’Église (1 Co 16:16 ; Hé 13:17) et aux autorités (Rm 13:1) ; pourtant, ils ne sont pas des êtres inférieurs à ceux-ci.
Examinons encore Philippiens 2:1-11, passage-clé au sujet de la personne divine du Christ. La SDTJ édulcore de nouveau la force du témoignage de ce texte en avançant plusieurs théories. Pour les TDJ, ce texte signifie que Jésus-Christ, en tant que Fils de Dieu, n’a pas voulu ravir l’égalité avec Dieu comme le diable, mais s’est humilié jusqu’à la mort. C’est pourquoi Dieu lui aurait donné une place et une gloire qu’il n’avait pas auparavant.
Mais ce n’est pas cela que le texte enseigne. L’étude du passage dans son contexte montre que Jésus-Christ possédait déjà la divinité et l’égalité avec son Père, mais qu’il n’a pas voulu s’accrocher à cela. En considérant son Père comme plus grand que lui, il a accepté volontairement la position d’esclave. De ce fait, Dieu, à son tour, l’a glorifié dans tout l’univers. Voici quelques précisions à ce propos : l’apôtre Paul, dans les quatre premiers versets, appelle les croyants de Philippes à l’unité, à l’amour fraternel et à l’humilité réciproque. Il les invite à chercher toujours l’intérêt des autres et à considérer les autres comme supérieurs à eux-mêmes, bien qu’ils soient égaux entre eux.
Dans les versets 5-11, l’apôtre Paul illustre cela par l’exemple suprême de Jésus-Christ envers son Père. Même s’il possède déjà la forme et l’égalité avec Dieu, Jésus-Christ ne cherche pas son intérêt ni sa gloire. Il considère son Père comme plus grand que lui : il s’humilie. Il renonce à sa forme (morfê) divine en prenant la forme (morfê) humaine. Comme cette forme humaine est réelle et parfaite, son essence divine l’est aussi. C’est pourquoi il est déraisonnable de supposer que Jésus veut ravir une position ou une gloire divine qu’il possède déjà (voir Jean 17:5).
En ce qui concerne la glorification du Christ par son Père, cela ne signifie pas qu’il était un être inférieur et que, par son obéissance, il serait devenu progressivement un être plus glorieux. Comme nous l’avons vu, avant même qu’il vienne sur la terre, il était déjà Seigneur et Dieu (voir Jean 1:1 ; Ps 110:1). Comme Christ a glorifié son Père par sa vie et ses œuvres, Dieu l’a glorifié à son tour dans tout l’univers, selon sa prière en Jean 17:1-5.
Que penser de Jean 17:3 et Marc 12:31 ?
Lorsque Jésus s’adresse à son Père, dans l’évangile de Jean 17:3, comme « le seul vrai Dieu », s’exclut-il d’être vrai Dieu ? Que dire des versets qui insistent sur l’unicité de Dieu, tels que Deutéronome 6:4 et Marc 12:31 ? Ces versets ne constituent-ils pas une contradiction avec la divinité du Christ ? Non ! Par exemple, dans la même prière, Jésus dit à son Père : « c’est ta parole qui est vérité » (Jean 17:17). Cela signifie-t-il que la parole du Christ soit fausse ? Certes non ! Dans Jude 4, nous lisons aussi que « Jésus-Christ est notre seul Maître et Seigneur ». Faut-il en conclure que Dieu, le Père, n’est pas notre Seigneur et Maître ? Certes non ! De plus, l’apôtre Jean désigne Jésus-Christ, dans 1 Jean 5:20, comme « le vrai Dieu et la vie éternelle ».
J’étais étonné de voir récemment que la SDTJ a attribué à Christ 1 Timothée 6:13-16, où on le présente comme « Seul Souverain, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul n’a vu ni ne peut voir : à lui, honneur et puissance éternelle ! Amen ! » (TG, 01/09/2005, p. 27). Il est inadmissible d’attribuer ces paroles à Christ et, en même temps, de renier sa pleine divinité !
Les versets qui insistent sur l’unicité de Dieu n’excluent pas la divinité du Christ. L’unicité de Dieu est affirmée dans un cadre païen, par rapport aux idoles et aux milliers de fausses divinités, et non par rapport à Jésus-Christ, à son Père et à l’Esprit-Saint. Jésus-Christ existe éternellement avec son Père et avec l’Esprit-Saint, dans une unicité parfaite. D’ailleurs, en hébreu, il existe deux mots pour décrire l’unicité : l’un, yahid, désigne l’unicité absolue ; l’autre, ehad, peut désigner une unicité composée. Par exemple, la Bible décrit l’union de l’homme et de la femme comme « un » (ehad) corps (voir Genèse 2:24 ; Mt 19:5-6). On sait que ce « seul corps » n’est pas un seul, mais deux : une unité composée. Dans les versets cités pour décrire l’unicité de Dieu, c’est non pas le terme yahid, mais ehad, qui est employé. Cela concorde bien avec l’unicité de Dieu avec son Fils et avec son Esprit.
La Bible montre que ce « seul Dieu » existe depuis toujours avec sa Parole (Jésus) et avec sa sagesse (l’Esprit).
Dieu déclare :
Moi le Seigneur, je fais tout; seul, je déploie le ciel, par moi-même j'étale la terre.
Esaïe 44:24
Pourtant, d’après la Bible, Dieu n’était pas seul lorsqu’il a créé l’univers : Jésus-Christ et le Saint-Esprit étaient à l’œuvre avec lui (voir Jean 1:1-3 ; Genèse 1:2, 26). Comme ce verset n’exclut pas Jésus-Christ de l’œuvre de la création, de même les versets montrant l’unicité de Dieu n’excluent pas la divinité de Jésus-Christ. Nous trouvons aussi de multiples témoignages, dans les écrits de plusieurs Pères de l’Église, rendus à la divinité du Christ et à son unité avec le Père. Par exemple, pour Irénée de Lyon, né dans le courant de la première moitié du IIe siècle, le Verbe (Jésus) et la Sagesse (le Saint-Esprit) ne faisaient qu’un avec le Père :
Ignace écrivait ceci, vers 112, dans sa lettre aux Éphésiens :
La SDTJ dévie davantage, concernant la personne du Christ, lorsqu’elle déclare ce qui suit dans son livre « La connaissance qui mène à la vie éternelle » :
C’est une hérésie grave ! Même Adam, le premier homme, a été créé directement à l’image de Dieu, sans passer par une période d’épreuve, tandis que Christ passerait une période indéterminée et, à la fin de celle-ci, finirait par ressembler à Jéhovah ! La SDTJ va jusqu’à oser affirmer que Jésus-Christ a dû naître de nouveau pour pouvoir hériter la vie céleste et régner ainsi en tant que roi :
Tout cela est une insulte à la personne du Christ et une contradiction flagrante avec ce que la Bible dit à son sujet ! Elle déclare que Jésus-Christ n’évolue pas et ne change pas : « Il est le même hier, aujourd’hui et pour toujours » (Hé 13:8), et qu’il est toujours « l’Alpha et l’Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin » (Apo 22:12-13). Les enseignements des Témoins de Jéhovah concernant la personne du Christ sont erronés et, de ce fait, à rejeter définitivement.
Conclusion
Les Témoins de Jéhovah sont des combattants acharnés contre la divinité du Christ. Ils l’abaissent au niveau d’un ange et d’une créature qui évoluerait vers la gloire. Ils n’acceptent pas la seigneurie absolue du Christ. Ils le présentent comme un « maître et seigneur » dans un sens général. Cette attitude de la SDTJ à l’égard du Christ nous dévoile le véritable esprit qui œuvre derrière ce mouvement. Ce n’est absolument pas le Saint-Esprit de Dieu. Jésus-Christ déclare que lorsque le Saint-Esprit viendra, il le glorifiera :
« Lui me glorifiera » (Jean 16:14).
Personne ne peut dire : « Jésus est le Seigneur ! » sinon par l’Esprit Saint (1 Corinthiens 12:3).