Je suis pressé des deux côtés, disait Paul : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec Christ, ce qui de beaucoup est le meilleur ; mais à cause de vous il est plus nécessaire que je demeure dans la chair.

Philippiens 1:23-24

Paul croyait qu'immédiatement après sa mort, il serait avec Christ.

Selon leur doctrine, Paul était un des 144 000 oints : sa vocation était le ciel.

Ainsi, selon l'enseignement des témoins de Jéhovah, Paul ne pouvait pas aller au ciel tout de suite : « Pour qu'ils soient finalement unis au Christ dans l'assemblée céleste, les apôtres devaient demeurer, comme Jésus, fidèles jusqu'à la fin de leur course terrestre, jusqu'à la mort ; il en est de même pour tous ceux qui furent choisis depuis lors (...) Bien qu'ils fussent admis à entrer dans l'alliance du Royaume, c'est-à-dire l'assemblée céleste, ils ne gagnèrent pas les cieux immédiatement à leur mort pour être réunis à la Tête de l'assemblée. Ils dorment dans la tombe jusqu'à la première résurrection qui eut lieu à la venue de Jésus-Christ dans le temple de Jéhovah, soit en 1914 ; alors ils furent ressuscités pour être glorifiés avec celui qui est leur Chef » (Que Dieu soit reconnu pour vrai, p. 140-141).

Autrement dit, entre « m'en aller » et « être avec Christ », il faudrait intercaler 19 siècles !

Est-ce plausible ? Est-ce l'interprétation qui vient spontanément à l'esprit d'un lecteur de bonne foi ?

Si vous êtes pressé, à cet instant même, de me quitter, cher Monsieur, pour retrouver votre femme, cela peut-il signifier que vous n'espérez la revoir que quelques années plus tard ?

Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.

Romains 8:38

Si donc la mort, c'est le néant et l'inconscience, alors Paul a été séparé de l'amour de Dieu lorsqu'il a rendu son « souffle de vie ». Car c'est précisément ce qui rend la mort si douloureuse : la séparation d'avec ceux qu'on aime et qui nous aiment. « Christ est ma vie et la mort m'est un gain », ajoute l'apôtre (Philippiens 1:21). Comment la mort pourrait-elle être « un gain », si elle mettait fin à la communion avec le Seigneur dont le chrétien jouit dès ici-bas ? C'est la vie qui serait un gain, et la mort une perte !

Nous sommes donc toujours pleins de confiance, et nous savons qu'en demeurant dans ce corps, nous demeurons loin du Seigneur, car nous marchons par la foi et non par la vue ; nous sommes pleins de confiance, et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur.

2 Corinthiens 5:6-8

Il est exact que l'Écriture n'annonce la résurrection que pour la fin des temps.

Si, néanmoins, les croyants, comme Paul, sont en présence immédiate du Seigneur dès leur mort, il faut bien qu'il existe d'eux quelque chose dans l'intervalle qui précède cette résurrection. C'est ce « quelque chose » que nous appelons âme. C'est un principe spirituel, immortel et personnel, qui demeure après que notre corps aura disparu dans la poussière dont il est fait.

Remarquons que si rien ne subsiste de la personne humaine après la mort, alors on ne peut parler, stricto sensu, de « résurrection », mais de la « recréation » de cette personne à la fin des temps : un « clone », comme disent aujourd'hui les généticiens. C'est à travers cette fausse idée de « recréation » que s'insinue, de nos jours, la doctrine — vraiment païenne, celle-là — de la réincarnation.

La glorieuse réalité, pour Paul, c'est que son salut est déjà acquis. S'il se résigne à rester sur terre quelque temps, ce n'est pas pour avoir encore la possibilité de faire d'autres visites de maison en maison et recevoir ainsi la vie éternelle : c'est par pur amour pour les Philippiens. Tel est le service chrétien. C'est aussi notre conception, et c'est pourquoi nous les accueillons. « Puisse un jour votre cœur brûler d'espoir et d'amour dans l'attente de voir votre Sauveur face à face ! »

Âmes sous l'autel

Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu. Ils crièrent d'une voix forte, en disant : Jusqu'à quand, Maître saint et véritable, tarderas-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang...

Apocalypse 6:9-10

Comment des âmes, qui sont au ciel, peuvent-elles parler, sans l'être vivant tout entier ou son souffle biologique ?

Il est évident que ces âmes sont vivantes et conscientes, puisqu'elles parlent.

Ce à quoi les témoins de Jéhovah rétorquent : Un fait identique se retrouve dans le texte suivant :

Vous vous êtes approchés de Jésus, qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l'aspersion, qui parle mieux que celui d'Abel.

Hébreux 12:24

Ce n'est pas le sang d'Abel qui parle, mais le souvenir de son sang versé, lequel demeure tel un message impérissable, alors que dans le texte cité plus haut, ce sont les âmes des martyrs qui s'expriment.

De même, Jean, en Apocalypse 20:4, voit dans le ciel : « Les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la Parole de Dieu ».

Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu.

Apocalypse 20:4

S'il est vrai que la doctrine de l'immortalité de l'âme n'est pas aussi explicite dans l'Ancien Testament, il est faux de prétendre qu'elle est inexistante. Job 19:25 est un passage, certes, difficile à traduire ; cependant, le seul sens intelligible est celui qui est donné dans la plupart de nos traductions :

Mais je sais que mon rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; après que ma peau aura été détruite, moi-même je contemplerai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; mes yeux le verront, et non ceux d'un autre.

Job 19:25

Jésus rappelle que Dieu n'est pas le Dieu des morts, « mais des vivants » (Luc 20:37-38).

L'Ecclésiaste 12:7 enseigne que « la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné ».

Si l'esprit, c'est le souffle, il ne retourne pas à Dieu, mais dans l'atmosphère, c'est-à-dire à la terre.

Mais Actes 7:59 nous dit :

Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit !

Actes 7:59

1 Thessaloniciens 5:23

« Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irréprochable... »

1 Thessaloniciens 5:23

Si l'âme est l'entité humaine globalement considérée, comment comprendre que Paul en fasse une partie d'un tout ?

Silhouette d'un homme

L'homme = corps + âme + esprit

Le corps n'est pas l'âme de l'homme : l'âme quitte le corps à la mort.

Et il s'étendit trois fois sur l'enfant, invoqua l'Éternel, et dit : Éternel, mon Dieu, je t'en prie, que l'âme de cet enfant revienne au dedans de lui !

1 Rois 17:21

N'en déplaise à la Watch Tower, s'il a fallu que l'âme de l'enfant revienne « au dedans de lui », c'est-à-dire « au dedans du corps » sur lequel il s'étendit trois fois, c'est que cette âme était « en dehors de lui ».

L'enseignement des témoins de Jéhovah contredit directement la Parole de Dieu :

L'esprit n'est pas le corps de l'homme : l'esprit quitte le corps à la mort.

Et ils se moquaient de lui, sachant qu'elle était morte. Mais il la saisit par la main, et dit d'une voix forte : Enfant, lève-toi. Et son esprit revint en elle, et à l'instant elle se leva.

Luc 8:53-55

Là aussi, nous constatons que l'esprit était hors de son corps.

Et ils lapidaient Etienne, qui priait et disait: Seigneur Jésus, reçois mon esprit.

Actes 7:59

avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné.

Ecclésiaste 12:9

On peut être absent du corps et être présent avec le Seigneur, il est impossible de tuer la part immatériel d'une personne.

Nous sommes pleins de confiance,et nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur.

2 Corinthiens 5:8

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent pas tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne.

Matthieu 10:28